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Law Offices
ANNAMARIA
LOMBINO. P.C
JERRY BROWN,
Legal
Assistant
Immigration- Divorce-Criminal
212- 564-8500
2008
BARACK OBAMA ELU 44ème PRESIDENT
DES ETATS UNIS.
Les Américains ont élu ce mardi 4
novembre le sénateur démocrate Barack Obama, à l'issue d'une campagne
inédite et avec une participation très importante. John McCain a
reconnu sa défaite devant ses supporters à Phoenix , alors qu'un
million de sympathisants démocrates sont en train de se rassembler
dans les rues de Chicago. Barack Obama est le premier président noir
aux Etats-Unis.Une page d'histoire dans les annales des Etats Unis, en
ce Mardi 4 Novembre 2008 .
De longues files d’attente se sont
formées dès les premières heures de la matinée. Les observateurs sont
unanimes : le scrutin présidentiel qui se clôt aujourd'hui a passionné
les foules. Peut-être en raison de son caractère historique.
LA CAPTURE DE SADDAM HUSSEIN
EN IRAK A 12 H 15
C'est confirmé: l'ancien président
irakien a bien été capturé samedi soir, dans son fief, près de Tikrit
par un commando américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas
opposé de résistance.
Bagdad, dimanche 14 décembre, 12
heures 15 TU : (Mesdames, messieurs, on l’a eu , s’exclame
l’administrateur civil américain de l’Irak, Paul Bremer, en entamant
son point presse, alors que des cris de joie et de soulagement fusent
de la salle. Cette annonce de la capture de l’ancien président irakien
fait suite à deux longues heures d’incertitude au cours desquelles
l’information avait largement filtré sans toutefois être confirmée.
Paul Bremer explique que la capture
a eu lieu vendredi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de
Tikrit. Selon lui, un commando américain investit une petite ferme
dans laquelle il découvre une cave. C’est là que se cache l’ancien
chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à son arrestation. Les
images tournées par l’armée américaine montrent l’ancien président
hirsute, portant une barbe fournie et se laissant examiner par un
soldat portant des gants en caoutchouc. C’est probablement au cours de
cet examen qu’un prélèvement a été effectué sur Saddam Hussein afin
d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve de son identité. Il a
été conduit peu après dans un endroit tenu secret, a déclaré le porte-parole
militaire de Paul Bremer qui assure que «cette capture va marquer le
début de la réconciliation pour le peuple irakien».
L''ancien président irakien a bien
été capturé samedi soir, près de son fief de Tikrit par un commando
américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas opposé de
résistance. De nombreuses réactions de satisfaction et d'espoir sont
enregistrées. Des voix s'élèvent pour appeler au jugement de l'ancien
raïs.
Paul Bremer explique que la capture
a eu lieu samedi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de la
ville d’al Dour, au sud de Tikrit. Selon lui, un commando américain
investit une petite ferme dans laquelle il découvre une cave. C’est là
que se cache l’ancien chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à
son arrestation. Les images tournées par l’armée américaine montrent
l’ancien président hirsute, portant une barbe fournie et se laissant
examiner par un soldat portant des gants en caoutchouc. C’est
probablement au cours de cet examen qu’un prélèvement a été effectué
sur Saddam Hussein afin d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve
de son identité. Il a été conduit peu après dans un endroit tenu
secret, a déclaré le porte-parole militaire de Paul Bremer qui assure
que «cette capture va marquer le début de la réconciliation pour le
peuple irakien».
A l’annonce de l’arrestation, des
tirs de joie ont retenti dans les rues de Bagdad. A Souleymaniyah,
dans le Kurdistan, des orchestres de rue se sont réunis pour célébrer
l’événement.
Ce sont des sources kurdes qui, les
premières, ont révélé la nouvelle de la capture de l’ancien président
irakien. Tout d’abord sous couvert de l’anonymat, un haut responsable
de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a annoncé que cette
arrestation avait été le fruit d’une collaboration entre l’armée
américaine et les forces spéciales de l’UPK et affirmé qu’il
s’agissait «de la même force qui a arrêté Taha Yassine Ramadan à
Mossoul», en référence à l’arrestation du vice-président irakien à
Mossoul, à la mi-août. Puis l’information avait été confirmée par le
président du Conseil de gouvernement transitoire irakien en visite à
Madrid, Abdel Aziz al Hakim, qui précisait que le test ADN pratiqué
confirmait l’identité du prisonnier.
De nombreuses réactions sont
enregistrées. A Paris, la porte-parole de la présidence déclare que
Jacques Chirac «se réjouit» et parle «d’événement majeur».
Satisfaction en Israël où le président Moshé Katzav, en visite
officielle en Chine, a déclaré que «c’est une excellent nouvelle pour
Israël et un preuve que la communauté internationale ne tolérera pas
qu’un Etat totalitaire soutienne le terrorisme international». «Je
sous content lorsqu’on arrête un criminel, quel qu’il soit, je le suis
encore plus quand ce criminel a commis tant de crimes contre les
Iraniens», a déclaré de son côté le vice-président iranien. «C’est une
très bonne nouvelle pour le peuple irakien», a estimé le Premier
ministre britannique Tony Blair, «nous devons essayer maintenant
d’unifier l’ensemble de l’Irak en reconstruisant le pays et en lui
offrant un nouvel avenir». «Une victoire de la coalition» qui «pourrait
changer la situation internationale», a déclaré le ministre roumain de
la Défense.
C’est donc la fin d’une longue
traque de neuf mois. Sa tête avait été mise à prix pour une somme de
25 millions de $. Ses deux fils avaient été tués lors d’un raid, le 22
juillet à Mossoul. Aujourd’hui, il semble définitivement acquis que
Saddam Hussein ne gouvernera plus. Cela suffira-t-il à inverser la
tendance et à entraver la détérioration de la situation en Irak ? Il
n’est pas sûr que les forces d’occupation en tireront un bénéfice
militaire ou politique immédiat, car l’influence réelle de l’ancien
raïs sur la résistance de plus en plus vive que doit affronter la
coalition n’est pas prouvée. En tout cas le bénéfice symbolique est
certain. Washington vient de remporter une incontestable victoire et
compte bien en tirer les bénéfice. Car la chute de «l’as de pique»
aura un impact psychologique positif autant sur les troupes que sur
l’opinion publique, toutes deux saisies par le doute depuis quelques
mois. Et l’hôte de la Maison Blanche a bien besoin de renouer avec le
succès avant d’affronter une autre bataille décisive, l’année
prochaine, sur son front électoral intérieur.
Reste la question de savoir quel
traitement sera appliqué à l’ancien président irakien. Le président du
Congrès national irakien a annoncé que son «dossier judiciaire sera
instruit». La question des armes introuvables de destruction massive
ne semblant pas en mesure de fournir une accusation convaincante, la
question des crimes commis par l’ancien dictateur contre son propre
peuple est évoquée. Le Premier ministre britannique a notamment estimé
que ce nouveau développement permettra «de juger Saddam Hussein pour
ses crimes contre le peuple irakien». «Il est directement responsable
de la mort de millions de personnes au cours des trente dernières
années. Le moment est venu pour lui de payer pour ses crimes», a
déclaré le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar. Pour le
ministre de l’Information koweïtien, «Grâce à Dieu, il a été capturé
vivant, et il pourra ainsi être jugé pour les crimes abominables qu’il
avait commis».
En marge de cette événement,
l’explosion d’une voiture piégée devant le poste de police de Khaldiya,
à l’ouest de Bagdad, a fait 18 morts, dont 16 policiers, et 29 blessés,
dimanche matin.
P-AU-P. HAITI. AMBASSADEUR USA
JAMES FOLEY A PARLÉ
En reconnaissance du 55ème
anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les
citoyens du monde entier sont invités à surseoir sur toutes leurs
activités quotidiennes pour commémorer la Journée Internationale des
Droits de l’Homme.
Peu importe l’endroit où ils vivent,
tous les peuples prendront le temps de réfléchir sur l’importance des
droits humains dans toutes les sociétés pour s’attaquer aux défis
auxquels ils font face en s’assurant que ces libertés individuelles
soient respectées. L’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique profite de
cette occasion pour réaffirmer que le respect des droits humains
individuels occupe une place capitale au sein de la politique
internationale américaine. Les droits garantis par la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme sont essentiels au bon
fonctionnement d’une société démocratique. Ils servent de garants pour
la stabilité et le développement économique.
A la veille de la commémoration du
bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, un événement qui retentit
encore aujourd’hui comme le symbole de la victoire sur l’oppression,
il est regrettable de noter l’état déplorable des droits humains en
Haïti. La liberté acquise par les Haïtiens il y a 200 ans est minée
par le non-respect des droits humains de nos jours. Comme le
confirment le Rapport du Département d’Etat sur les Droits Humains
pour l’année 2002 et les événements récents, la violence politique
s’intensifie, la police et le système judiciaire deviennent de plus en
plus politisés, et l’impunité dont jouissent ceux qui violent les
droits humains demeure un grand problème. Au cours des derniers mois,
le gouvernement a, de manière constante, failli à sa mission de
protéger les droits des citoyens manifestant pacifiquement et
exprimant librement leurs opinions. La liberté des journalistes dans
l’exercice de leurs fonctions se trouve confrontée à toutes sortes de
pressions, puisque des journalistes sont menacés et un bon nombre de
stations de radio ont été l’objet d’attaques.
Les Etats-Unis d’Amérique
s’engagent à soutenir tous les Haïtiens dans l’exercice de leurs
libertés fondamentales, telles que garanties par la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme. Nous sommes aussi solidaires du
peuple haïtien dans sa lutte quotidienne contre la pauvreté et la
misère. Nous croyons fermement que l’on ne saurait pas réaliser le
développement économique sans s’assurer le respect pour les droits
humains. Car, c’est seulement dans un Etat de droit que l’on peut
établir la stabilité et un climat de confiance pour attirer les
investissements et d’autres moyens nécessaires pour le relancement
économique du pays. Nous exhortons, donc, ceux qui ont la charge de
protéger les libertés fondamentales de trouver la volonté politique
nécessaire pour bâtir un Etat de droit en Haïti. Les Etats-Unis
d’Amérique, un pays ami d’Haïti, demeurent prêts à soutenir un tel
effort à l’aube du troisième siècle d’une Haïti indépendante.
NIGÉRIA. FIN DU VOYAGE DE 5
JOURS DU PRÉSIDENT BUSH EN AFRIQUE.
Le président Bush a achevé son
voyage de cinq jours en Afrique par le Nigeria, puissance économique
régionale et fournisseur de 1,5 million de barils de pétrole par jour
aux Etats-Unis. Là, avant de repartir pour Washington, le président
Bush a réaffirmé sa volonté de lutter contre le terrorisme et en
faveur de la paix.
Les États-Unis ne permettront pas
«aux terroristes de menacer le peuple africain ni d’utiliser l’Afrique
comme base arrière pour menacer le reste du monde» a déclaré le
président Bush à Abuja. Il a même offert 100 millions de dollars aux
gouvernements qui entreprendraient de lutter en ce sens.
En revanche, George W. Bush n’a
pris aucun engagement sur l’éventuelle participation des Etats-Unis à
une force de maintien de la paix au Liberia comme beaucoup de voix s’élèvent
pour l’y inciter. Une équipe d’experts militaires américains est
actuellement présente au Liberia pour évaluer la situation et, selon
toute probabilité, envisager les possibilités d’une telle
intervention. Mais le président américain demeure inflexible dans son
souhait de voir Charles Taylor, le président du Liberia quitter le
pays. Il a donc remercié le président nigérian Olusegun Obasanjo
pour sa contribution à la recherche d’une solution en offrant l’asile
à Charles Taylor.
Le voyage du président américain en
Afrique a également permis de laver le Continent du soupçon d’avoir
été approché par le régime irakien de Saddam Hussein afin de lui
livrer de l’uranium, base de l’arme atomique. George W. Bush a
reconnu, lors de son étape en Ouganda, que c’est sur la foi de
rapports erronés des services de renseignements américains qu’il avait
lancé, en janvier dernier, cette accusation de nature à justifier
l’intervention américaine en Irak. George Tenet, directeur de la CIA a
accepté de porter publiquement le chapeau et fait son mea culpa.
Pourtant, à Dakar, au Sénégal, les
choses n’avaient pas très bien commencé. A la première étape de son
voyage sur le continent africain le président Bush avait quelque peu
déçu en raison de la brièveté de son passage, limité à la visite de
l’île de Gorée, point de départ des esclaves noirs vers le Nouveau
monde. L’impression qu’il a laissée est celle d’un geste à visée
électorale en direction des afro-américains sur le thème de
l'esclavage et de la traite négrière, très sensible aux États-Unis,
notamment au sein de l'électorat noir qui a toujours penché davantage
vers les démocrates que vers les républicains. Et les Sénégalais ont
été confortés dans l’idée que le président américain pensait plutôt à
sa situation politique intérieure en se présentant avec les deux
ministres de couleur les plus en vue de son gouvernement: Colin Powell
et Condoleeza Rice.
Mais, abordant les aspects
prioritaires de son voyage, l’étape sud-africaine de la tournée
africaine de George Bush a surtout porté sur les questions de paix et
de sécurité. Thabo Mbeki, le président sud-africain, a rappelé
son opposition à toute intervention militaire américaine en Afrique
notamment pour obtenir l’instauration de régimes plus démocratiques.
Evoquant la situation au Liberia, Thabo Mbeki a notamment rappelé le
déploiement prochain d’une force d’interposition ouest-africaine,
décidé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
(CEDEAO), tout en se félicitant de l’appui financier et logistique des
États-Unis. Nelson Mandela, quant à lui, avait tenu parole et
il n’était pas dans le pays lors du passage de George Bush, qu’il a
sévèrement critiqué à plusieurs reprises.
Mais il a aussi été question du
sida, lors de cette visite officielle, un thème résolument mis en
avant par la délégation américaine. Et si le Botswana a été choisi
parmi les cinq étapes c’est qu’il est le pays du monde le plus frappé
par la maladie. Les autorités de ce pays africain ont manifesté par
des actes leur volonté d’endiguer la pandémie, les Etats-Unis,
favorablement impressionnés de leurs efforts ont offert une aide
abondante. Le président Bush a mis en relief les succčs de la lutte
contre le sida quand l’argent est bien utilisé.
Ensuite, un bref arrêt, à peine
quatre heures, en Ouganda, a permis au président Bush de resserrer les
liens avec le président Yoweri Museveni. Le président ougandais
est en effet un des rares chefs d’Etat africains à avoir soutenu
l’intervention américaine en Irak. Le président américain a laissé
entendre que les Etats-Unis soutenaient le rôle de pays tampon entre
l’Afrique noire et le monde islamique qui semble tenir l’Ouganda.
LE VOYAGE EN AFRIQUE DU
PRÉSIDENT GEORGE W. BUSH DES USA.
Du 7 au 12 Juillet, le président
George Bush effectue une tournée en Afrique qui le mènera dans 5 pays.
Le Sénégal, l’Afrique du Sud, le
Botswana, l’Ouganda et le Nigeria ont été choisis pour l’exemple
qu’ils offrent dans la lutte contre les maladies, pour les uns, et la
stabilité politique pour les autres.
La visite du président des
Etats-Unis en Afrique s’inscrit dans «le cadre de l’engagement de
l’Administration Bush d’oeuvrer pour une Afrique libre, prospère et
paisible», communique la Maison Blanche ŕ quelques jours du début de
la visite africaine de George Bush.
Sa première étape sera le Sénégal,
et plus précisément la visite de l’Île de Gorée. L’entretien avec le
président Abdoulaye Wade sera bref, ce que déplore déjà les milieux
politiques Sénégalais. George Bush s’envolera pour l’Afrique du Sud oů
il passera plusieurs jours. Le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria sont
aussi des destinations que l’administration Bush a choisies en
fonction de ses priorités politiques.
George Bush a profité de sa
rencontre avec le Conseil des entreprises sur l’Afrique (Corporate
Council on Africa), pour tracer les grandes lignes de sa visite et
exposer les raisons profondes qui motivent cette tournée africaine. Le
Sénégal a été choisi parce qu’il «représente la plus ancienne
démocratie de l’Afrique de l’ouest, le Botswana parce qu’il est une
démocratie stable et l’une des économies les plus puissantes de
l’Afrique, l’Afrique du Sud est un pilier de la paix régionale et de
la stabilité, l’Ouganda oů la politique éclairée du gouvernement a
débouché sur la chute la plus remarquable au monde du taux d’infection
au VIH, et le Nigeria qui est en train de consolider son gouvernement
civil et de développer ses vastes ressources», souligne le George
Bush. Il a profité de cette rencontre avec les hommes d’affaires pour
faire l’éloge du libéralisme économique auquel il invite avec
insistance les pays africains.
La visite de George W. Bush se veut
être une amorce de consolidation des relations avec l’Afrique mais qui
devrait se faire dans une logique d’échanges de bons procédés. Au
premier titre des préoccupations américaines on note par exemple la
lutte contre le terrorisme, pour laquelle les Etats-Unis sont prêts à
consacrer 100 millions de dollars au cours des quinze prochains mois
en faveur des pays comme le Kenya, l’Ethiopie ou la Tanzanie. Par
ailleurs, l’accroissement des échanges et des investissements avec
l’Afrique a connu ces dernières années une nette progression. Les
Etats-Unis ont investi en Afrique en 2002 plus de 5,8 milliards de
dollars alors que les exportations globales du continent vers les
Etats-Unis s’élève pour la même période à plus de 18 milliards de
dollars. Dans l’entourage du président Bush, on parle d’inverser la
tendance qui fait que l’intérêt des Etats-Unis pour l’Afrique concerne
essentiellement des aides directes en matières sanitaires et
humanitaires ; 2 milliards de dollars l’année dernière.
«L’Afrique sub-saharienne, qui
héberge 11% de la population mondiale, est responsable de moins de 2%
du commerce mondial. Les Etats-Unis sont résolus à mettre le pouvoir
transformateur du commerce à la portée de tous les Africains», a
déclaré le président George Bush pour situer le sens de son voyage. Le
renforcement de l’AGOA Loi sur la croissance et les possibilités
économiques en Afrique, même s’il est encouragé ne peut bénéficier
qu’aux Etats qui répondront à certains critères nouveaux qui
s’ajoutent aux conditions d’éligibilité déjà longues. «Trop souvent,
par le passé, l’aide au développement s’est fourvoyée à soutenir des
régimes corrompus», a précisé George Bush. Pour remédier à ces erreurs
d’approche et d’analyse, le président américain propose la création
d’un Compte du millénaire. Il participera à la moralisation de la vie
politique africaine pour favoriser un décollage économique. Trois
grands principes à respecter permettront aux Etats africains d’en
bénéficier, selon l’administration Bush : «gouverner avec justice,
investir dans la santé et dans l’éducation des sociétés et appliquer
une politique qui encourage la liberté économique».
Ces préoccupations rejoignent
celles du NEPAD, Nouveau partenariat pour le développement en Afrique
âprement défendu par les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo
Mbeki d’Afrique du Sud et Olushegun Obasanjo du Nigeria, qui reçoivent
prochainement George W. Bush. Coincidences. Le NEPAD soumet l’aide au
développement à l’engagement en faveur de la bonne gouvernance, la
lutte contre la corruption, la démocratie, la bonne gestion de
l’économie et la prévention des conflits. Mais les nouvelles relations
Etats-Unis –Afrique ne se construisent pas uniquement sur les bases
d’une entente cordiale. De nombreux dossiers qui fâchent sont
soigneusement évités dans les discours de bonnes intentions de
l’administration Bush, telles que les subventions à l’agriculture
américaine qui pénalisent certains produits africains sur le marché
international ou encore les divergences sur l’opportunité de la
création et des compétences de la Cour pénale internationale (CPI).
Non seulement les Etats-Unis ne reconnaissent pas la CPI mais engagent
des sanctions contre tous les pays qui ne signeraient avec eux des
accords d’immunité et de non extradition des Américains qui seraient
inculpés par la CPI, chargée de juger les crimes de guerre ou contre
l’humanité.
Le Congrès américain avait fixé au
1er juillet 2003 la date limite de la signature de ces accords avec
les pays tiers. Les premières mesures de représailles ont été annoncé
par l’administration Bush qui a publié une liste de 35 pays qui ne
recevront plus son aide militaire dont le solde s’élève ŕ 47,6
millions de dollars. Dix pays africains sont frappés par cette mesures
: le Bénin, la Centrafrique, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la
Namibie, le Niger, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie. Dès le
jeudi 26 juin, Amnesty international et la Rencontre africaine pour la
défense des droits de l’homme (RADDHO) ont signalé que le Sénégal
venait de signer l’accord de non-extradition des ressortissants
américains. Ces organisations mobilisent aujourd’hui partis
politiques, syndicats et intellectuels pour faire pression sur
l’Assemblée nationale sénégalaise qui n’a pas encore ratifié cet
accord. Par ailleurs, dans toutes les destinations du président Bush,
des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ont
promis de manifester leur opposition à une certaine politique des
Etats-Unis.
EN OUGANDA, LE PRÉSIDENT BUSH A
CONSOLIDÉ L'ALLIANCE.
Un bref arrêt en Ouganda aura
essentiellement permis au président Bush de louer le leadership de son
homologue ougandais, le président Yoweri Museveni.
Personnel de l’aéroport évacué,
route reliant Entebbe au reste du pays momentanément coupée, arbres
autour de l’hôtel oů ont lieux les rendez-vous du président des
Etats-Unis élagués, voirie refaite. Finalement c’est dans un espace
totalement aseptisé que George W. Bush a passé quatre heures en
Ouganda entre l’Afrique du Sud et le Nigeria. En 1998, le président
Clinton avait fait une visite plus approfondie, se rendant dans la
capitale, Kampala, oů il avait rencontré d’autres chefs d’Etat de la
région ainsi que l’opposition politique.
L’absence à Entebbe des chefs
d’Etats d’Afrique de l’Est, tous sollicités à Maputo au Mozambique par
le sommet de l’Union Africaine, ainsi que la mise à l’écart dans
l’agenda du président Bush des représentants de l’opposition politique
a fait grincer les dents les associations de défense des droits de
l’homme en Ouganda.
Ce bref arrêt en Ouganda aura
essentiellement permis au président Bush de louer le leadership de son
homologue ougandais, le président Yoweri Museveni. A l’occasion de la
visite d’un centre d’aide aux sidéens, Bush a particulièrement
souligné le succès de la stratégie de l’Ouganda dans la lutte contre
l’épidémie du Sida. Une épidémie qui grâce à l’ouverture du
gouvernement ougandais sur un sujet longtemps tabou a permis, selon le
président Bush, de faire baisser le taux des personnes infectées par
le sida en Ouganda de plus de 20% à 5% seulement. Un signe d’espoir
pour beaucoup d’autre pays d’Afrique oů la courbe de l’épidémie est
toujours ascendante. «Vie après vie, village après village, l’Ouganda
montre que le sida peut ętre vaincu en Afrique», a déclaré avec
lyrisme le président Bush qui a rencontré des malades.
A l’issue d’un tête a tête avec le
président Museveni dans un grand hôtel sur les rives du lac Victoria,
le président américain a laissé entendre que les Etats-Unis
soutenaient la politique très agressive sur le plan militaire de
l’Ouganda dans la région des Grands Lacs. «Nous allons continuer de
travailler avec vous pour amener la paix sur le continent» a-t-il
déclaré à son homologue ougandais. «Vous avez été un chef puissant
pour régler les conflits régionaux» a-t-il insisté. Les Etats-Unis
sont eux même très impliqués dans les processus de paix en cours au
Soudan et en République Démocratique du Congo, oů l’Ouganda a
longtemps soutenu des mouvements armés.
En juin, lors du passage de
Museveni à la Maison Blanche, George Bush avait souligné son désaccord
avec un éventuel changement de la constitution ougandaise qui
permettrait à Museveni de rester au pouvoir au-delà de 2006. Mais pour
le président Bush, comme pour son prédécesseur, l’Ouganda est un pays
tampon entre l’Afrique noire et le monde islamique. Ainsi, c’est en
grande partie grâce au soutien de l’Ouganda et des Etats-Unis que la
rébellion de John Garang au sud-Soudan a le pouvoir de dialoguer
aujourd’hui avec le régime islamique de Khartoum. A la clef, la fin
peut-être de 20 ans de guerre.
Les deux présidents sont également
intéressés par le pétrole. Le pétrole du sud-Soudan, mais aussi le
pétrole de l’est de la République Démocratique du Congo oů un gisement
est en cours d’exploration sous le lac Albert. Or, pour exploiter ces
gisements, il faut une relative stabilité, sinon une paix négociée qui
prenne en compte les intérêts économiques des Etats-Unis et aussi ceux
de l’Ouganda.
Cette rapide visite en Ouganda
aurait finalement été aussi sereine que le climat de ce pays
équatorial si un journaliste n’était pas parvenu à poser une question
au président Bush à propos de l’Irak. Le président Bush est accusé
d’avoir déclaré dans un discours déterminant prononcé avant l’envoi
des troupes américaines en Irak que le régime de Saddam Hussein avait
obtenu de l’uranium au Niger dénonçant ainsi la prétendue construction
d’une bombe atomique. Une information qui s’est révélée sans
fondement. Le président américain a répondu: «J’ai fait un discours
qui avait reçu le feu vert des services de renseignements. Et c’était
un discours qui détaillait pour le peuple américain les dangers du
régime de Saddam Hussein. Et mon gouvernement a adopté la réponse
appropriée pour faire face à ces dangers. Le résultat c’est que le
monde va ętre plus sűr et plus en paix».
LE PRÉSIDENT BUSH EN GORÉE, PORT
D'EMBARQUEMENTS DES ESCLAVES.
Les supputations allaient bon train
depuis quelques jours: qu'allait dire le président américain à
l'Afrique oů il entamait par Dakar, ce mardi, son périple sur le
continent ? On le sait maintenant: George Bush a consacré ses quinze
minutes de discours au thème de l'esclavage, la traite négrière, «ce
mal de dimension colossale», citant un de ses compatriotes
abolitionniste. Dès lors, la transition était toute trouvée pour
surfer sur les problèmes actuels de l'Afrique: les conflits, les
maladies, la pauvreté, la démocratie.
Ce fut très subtil, mais personne
ne s'y est trompé: il y avait une forte dose de pré-campagne
électorale en direction de ses compatriotes africains-américains dans
le discours du président américain. On le sait, le thème de
l'esclavage et de la traite négrière est très sensible aux États-Unis,
notamment au sein de l'électorat noir qui a toujours penché davantage
vers les démocrates que vers les républicains. Et ce n'est pas non
plus un hasard si Bush a exhibé ses deux ministres de couleur les plus
en vue de son gouvernement: Colin Powell et Condoleeza Rice. Son
discours aux forts accents «humanistes et moralistes» sur «des êtres
humains vendus comme des marchandises embarqués dans des bateaux pour
un voyage sans retour»; le calvaire dans les cales des négriers «oů
les malades étaient jetés à la mer», sur «l’hypocrisie des
esclavagistes qui ont abdiqué une partie de leur foi chrétienne pour
se livrer à ce commerce», tous ces thèmes déclinés d'une voix pleine
de colère et d'indignation, ne manqueront pas de faire couler quelques
larmes à Harlem, Bronx et autres bidonvilles à forte population noire
et faire espérer ainsi quelques voix supplémentaires aux prochaines
élections, qui s'annoncent de plus en plus difficiles à remporter
notamment en raison de l’évolution de la guerre en Irak.
Le président Bush, en déclarant que
«le combat pour la justice et la liberté» dans son pays «n'a pas été
facile» et qu'ils n'en sont pas encore venus à bout, enfonce des
portes ouvertes. Pour lui, la ségrégation raciale persiste aux
États-Unis et le combat que son gouvernement continuera de poursuivre
pour la liberté et la justice dans son pays est aussi celui qu’il a
décidé d'engager dans le reste du monde, notamment en Afrique. «Contre
les guerres civiles, nous nous tiendrons côte à côte; contre les
maladies, nous mènerons le combat avec vous en faveur de la vie;
contre la pauvreté, nous nous joindrons à vous pour l'éradiquer; là oů
il y a la tyrannie, nous mènerons le combat pour la liberté». On pense
alors à l'Irak ou au Libéria tout proche. Mais ce qui se passe dans ce
pays n'a pas fait l'objet d'une ligne dans le discours d'un quart
d'heure du président américain. Il semble, selon certaines sources,
que la question a été abordée dans la réunion qu'il a tenue à huis
clos avec le président Wade et les six chefs d'État présents à Dakar.
Une réunion dont rien n'a filtré, le service de presse de la
présidence se contentant d'annoncer que certains de ces chefs d'État
devaient tenir des conférences de presse dans leur hôtel ou donner des
interviews, s'ils le souhaitaient. Sauf que tous devaient quitter
Dakar dans la journée, y compris le président Wade qui se rend à
Maputo pour le sommet de l'Union africaine.
Enfin impossible de ne pas évoquer
la situation sécuritaire qui prévalait à Dakar, décrite par la presse
comme «un état de siège». A l'aéroport, outre le président Wade et son
épouse, il n'y avait que le Premier ministre Idrissa Seck, et le
président de l'Assemblée nationale, Pape Diop. À part les journalistes
américains venus avec le président Bush, la presse a été interdite de
salon d'honneur. Il y a eu trois cortèges séparés pour joindre le
palais de la république: celui du président Wade, celui de Colin
Powell et des officiels américains et celui de Bush, son épouse et
leur fille. A Gorée même, oů les populations étaient parquées depuis 4
heures du matin sur une place au centre de l'île sous un chaud soleil,
on a frisé la crise diplomatique quand les services de sécurité
américains ont voulu fouiller les officiels sénégalais, ministres et
députés, comme n'importe qui. Il a fallu que le ministre de
l'Intérieur, le général Mamadou Niang, rue dans les brancards pendant
cinq bonnes minutes, pour que les Américains renoncent à la fouille au
corps. Ajoutons que l'aéroport de Dakar est fermé depuis lundi minuit,
jusqu'à mercredi 15 heures. Les examens universitaires et le bac ont
été reportés jusqu'à mercredi. Une bonne partie des rues et quartiers
de Dakar était inaccessible jusqu'au début de l'après-midi. Très peu
de Dakarois se sont rendus à leur travail ce mardi. Tout le monde va
pousser un «ouf» de soulagement quand Dakar sera «libérée» cet
après-midi. En attendant les retombées financières, au lieu d'une
éventuelle base miliaire annoncée lundi par la presse.
WASHINGTON. LE PRÉSIDENT BUSH
EN TOURNÉE AFRICAINE.
Le président George W. Bush
effectue une tournée africaine qui le mènera dans cinq pays, du 7 au
12 juillet. Le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Ouganda et le
Nigeria ont été choisis pour l’exemple qu’ils offrent dans la lutte
contre les maladies, pour les uns, et la stabilité politique pour les
autres.
La visite du président des
Etats-Unis en Afrique s’inscrit dans «le cadre de l’engagement de
l’Administration Bush d’śuvrer pour une Afrique libre, prospère et
paisible», communique la Maison Blanche à quelques jours du début de
la visite africaine de George Bush. Sa première étape sera le Sénégal,
et plus précisément la visite de l’Île de Gorée. L’entretien avec le
président Abdoulaye Wade sera bref, ce que déplore déjà les milieux
politiques sénégalais. George Bush s’envolera pour l’Afrique du Sud oů
il passera plusieurs jours. Le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria sont
aussi des destinations que l’administration Bush a choisies en
fonction de ses priorités politiques.
George Bush a profité de sa
rencontre avec le Conseil des entreprises sur l’Afrique (Corporate
Council on Africa), pour tracer les grandes lignes de sa visite et
exposer les raisons profondes qui motivent cette tournée africaine. Le
Sénégal a été choisi parce qu’il «représente la plus ancienne
démocratie de l’Afrique de l’ouest, le Botswana parce qu’il est une
démocratie stable et l’une des économies les plus puissantes de
l’Afrique, l’Afrique du Sud est un pilier de la paix régionale et de
la stabilité, l’Ouganda oů la politique éclairée du gouvernement a
débouché sur la chute la plus remarquable au monde du taux d’infection
au VIH, et le Nigeria qui est en train de consolider son gouvernement
civil et de développer ses vastes ressources», souligne le George
Bush. Il a profité de cette rencontre avec les hommes d’affaires pour
faire l’éloge du libéralisme économique auquel il invite avec
insistance les pays africains.
La visite de George W. Bush se veut
être une amorce de consolidation des relations avec l’Afrique mais qui
devrait se faire dans une logique d’échanges de bons procédés. Au
premier titre des préoccupations américaines on note par exemple la
lutte contre le terrorisme, pour laquelle les Etats-Unis sont prêts à
consacrer 100 millions de dollars au cours des quinze prochains mois
en faveur des pays comme le Kenya, l’Ethiopie ou la Tanzanie. Par
ailleurs, l’accroissement des échanges et des investissements avec
l’Afrique a connu ces dernières années une nette progression. Les
Etats-Unis ont investi en Afrique en 2002 plus de 5,8 milliards de
dollars alors que les exportations globales du continent vers les
Etats-Unis s’élève pour la même période ŕ plus de 18 milliards de
dollars. Dans l’entourage du président Bush, on parle d’inverser la
tendance qui fait que l’intéręt des Etats-Unis pour l’Afrique concerne
essentiellement des aides directes en matières sanitaires et
humanitaires ; 2 milliards de dollars l’année dernière.
Des manifestations à chaque
escale
«L’Afrique sub-saharienne, qui
héberge 11% de la population mondiale, est responsable de moins de 2%
du commerce mondial. Les Etats-Unis sont résolus à mettre le pouvoir
transformateur du commerce ŕ la portée de tous les Africains», a
déclaré le président George Bush pour situer le sens de son voyage. Le
renforcement de l’AGOA (African growth and opportunity act, Loi sur la
croissance et les possibilités économiques en Afrique), même s’il est
encouragé ne peut bénéficier qu’aux Etats qui répondront à certains
critères nouveaux qui s’ajoutent aux conditions d’éligibilité déjŕ
longues. «Trop souvent, par le passé, l’aide au développement s’est
fourvoyée à soutenir des régimes corrompus», a précisé George Bush.
Pour remédier à ces erreurs d’approche et d’analyse, le président
américain propose la création d’un Compte du millénaire. Il
participera à la moralisation de la vie politique africaine pour
favoriser un décollage économique. Trois grands principes à respecter
permettront aux Etats africains d’en bénéficier, selon
l’administration Bush : «gouverner avec justice, investir dans la
santé et dans l’éducation des sociétés et appliquer une politique qui
encourage la liberté économique».
Ces préoccupations rejoignent
celles du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique)
âprement défendu par les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo
Mbeki d’Afrique du Sud et Olushegun Obasanjo du Nigeria, qui reçoivent
prochainement George W. Bush. Coincidences. Le NEPAD soumet l’aide au
développement à l’engagement en faveur de la bonne gouvernance, la
lutte contre la corruption, la démocratie, la bonne gestion de
l’économie et la prévention des conflits. Mais les nouvelles relations
Etats-Unis –Afrique ne se construisent pas uniquement sur les bases
d’une entente cordiale. De nombreux dossiers qui fâchent sont
soigneusement évités dans les discours de bonnes intentions de
l’administration Bush, telles que les subventions à l’agriculture
américaine qui pénalisent certains produits africains sur le marché
international ou encore les divergences sur l’opportunité de la
création et des compétences de la Cour pénale internationale (CPI).
Non seulement les Etats-Unis ne reconnaissent pas la CPI mais engagent
des sanctions contre tous les pays qui ne signeraient avec eux des
accords d’immunité et de non extradition des Américains qui seraient
inculpés par la CPI, chargée de juger les crimes de guerre ou contre
l’humanité.
Le Congrès américain avait fixé au
1er juillet 2003 la date limite de la signature de ces accords avec
les pays tiers. Les premières mesures de représailles ont été annoncé
par l’administration Bush qui a publié une liste de 35 pays qui ne
recevront plus son aide militaire dont le solde s’élève à 47,6
millions de dollars. Dix pays africains sont frappés par cette mesures
: le Bénin, la Centrafrique, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la
Namibie, le Niger, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie. Dès le
jeudi 26 juin, Amnesty international et la Rencontre africaine pour la
défense des droits de l’homme (RADDHO) ont signalé que le Sénégal
venait de signer l’accord de non-extradition des ressortissants
américains. Ces organisations mobilisent aujourd’hui partis
politiques, syndicats et intellectuels pour faire pression sur
l’Assemblée nationale sénégalaise qui n’a pas encore ratifié cet
accord. Par ailleurs, dans toutes les destinations du président Bush,
des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ont
promis de manifester leur opposition ŕ une certaine politique des
Etats-Unis.
LE PRÉSIDENT BUSH PROPOSE DES TRIBUNAUX
MILITAIRES.
Le président américain s’est
clairement prononcé pour la mise en place de tribunaux militaires pour
juger les prisonniers de Guantanamo accusés d’appartenir au réseau Al
Qaïda et de complicité avec le terrorisme international.
Le président américain a
personnellement désigné six prisonniers étrangers susceptibles d’être
jugés. Le département ŕ la Défense, qui publie l’information, précise
que les six hommes sont aptes à être jugés par des commissions
militaires. «Le président a déterminé qu’il y avait des raisons de
penser que chacun de ces ennemis combattants était un membre d’Al Qaïda
ou était de quelque autre façon impliqué dans des activités
terroristes dirigées contre les États-Unis», a annoncé jeudi un
communiqué du Pentagone. Les six hommes comptent actuellement parmi
les quelque 600 prisonniers étrangers captifs des Américains dans le
cadre de la lutte contre le terrorisme sur la base cubaine de
Guantanamo et qui ont été, pour l’essentiel, capturés lors
d’opérations des forces de la coalition, en Afghanistan. Ils
appartiennent à une quarantaine de nationalités différentes.
Selon le Pentagone, la preuve est
faite que les six hommes ont suivi des entraînements dans des camps
terroristes et ont pu être impliqués dans le financement du réseau d’Oussama
Ben Laden, ou l’avoir protégé, et recruté des membres de son
organisation. Les responsables du ministère américain la Défense ont
refusé de divulguer leur identité et leur nationalité et ils indiquent
qu’aucune inculpation n’a, pour l’instant, été prononcée contre eux.
«Aucun chef d’accusation n’a été lancé contre l’un ou l’autre de ces
détenus, (…) ils sont retenus prisonniers parce que ce sont des
ennemis combattants dans un conflit armé qui se poursuit», a précisé
un responsable du Pentagone.
L’Australie, dont deux
ressortissants sont emprisonnés sur la base de Guantanamo, a cependant
indiqué que l’une des six personnes concernées, David Hicks, était de
nationalité australienne. Canberra confirme qu’aucun chef d’accusation
n’a «pour le moment» été formulé contre le taliban australien. Le
ministre de la Justice affirme que sont gouvernement a mené des
discussions approfondies avec les autorités américaines dans le but de
«s’assurer que si un Australien était susceptible de comparaître
devant un tribunal militaire, le processus soit juste et transparent».
Qu’il ait, en d’autres termes, accès à une défense digne de ce nom.
«Pas d’avocat, aucune visite,
aucun exercice physique»
Le président des États-Unis a
déclaré sa préférence pour un tribunal militaire. Mais c’est au
ministère américain de la Défense, et notamment au numéro 2 du
Pentagone Paul Wolfowitz, désigné comme «l’autorité responsable» par
le secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld, qu’il revient ŕ présent de
prendre la décision finale concernant la juridiction et les chefs
d’inculpation. Ce sont ces derniers qui détermineront si les accusés
sont passibles de la peine de mort, toujours en vigueur aux
États-Unis.
Vendredi, la Commission européenne
a exhorté Washington à ne pas appliquer la peine capitale aux six
étrangers. L’Union européenne fait notamment valoir que le recours aux
exécutions capitales risquerait de saper le soutien apporté par la
communauté internationale à la lutte contre le terrorisme. Le
porte-parole de la Commission déclare notamment que «le terrorisme ne
doit pas donner lieu à une violation des droits de l’homme».
La «vieille Europe», dans son
acception la plus large, manifestait déjà sa préoccupation la semaine
dernière. Le 26 juin, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
(APCE) qualifiait d’«inacceptables» les conditions de détention tant
dans les centres d’Afghanistan que dans celui de Guantanamo oů «les
détenus ne voient pas d’avocat, ne reçoivent aucune visite, ne font
aucun exercice physique», affirme le député britannique Kevin Mac
Namara. Dix-huit mois après la fin du conflit en Afghanistan et le
début du transfèrement des prisonniers vers la base américaine
installée à Cuba, l’APCE a adopté une résolution qualifiant les
condition de détention à Guantanamo de «scandale auquel il faut mettre
un terme» et dénonçant des «traitements inhumains et dégradants». Les
parlementaires déplorent que «les États-Unis refusent de qualifier ces
personnes de ‘prisonniers de guerre’, les considérant comme des
‘combattants illégaux’, une définition qui n’existe pas en droit
international». Ils demandent à Washington de mettre «les conditions
de détention en conformité avec les normes juridiques
internationalement reconnues, par exemple en donnant accès au CICR
(Comité internationale de la Croix Rouge) et en suivant ses
recommandations».
Les informations publiées jeudi par
le Pentagone semblent confirmer que l’administration américaine
s’achemine vers l’organisation de procès. Au mois de mai, un procureur
général et des avocats (militaires) de la défense avaient été nommés.
Un responsable du Pentagone a par ailleurs indiqué qu’un immeuble du
centre de détention avait été transformé en tribunal en vue
d’éventuels procès. Il avait ajouté qu’ŕ toutes fins utiles un
«couloir de la mort» et une chambre d’exécution étaient en cours de
construction, même si le mode de mise à mort n’avait pas encore été
choisi.
HAUTE SURVEILLANCE À L'ILE DE
GORÉE.
Avant l'arrivée de George Bush à
Dakar, l'Ile de Gorée oů il doit s'adresser à l'Afrique est en état de
siège. Contre toute attente, la manifestation appelée par le Collectif
des intellectuels du Sénégal, a été autorisée.
Ici, tout le monde se pose la
question: «combien de millions de dollars amène George Bush pour qu'on
nous humilie ainsi». Gorée d'abord, la petite île d'environ 1 500
habitants, avec sa Maison des esclaves, là oů des millions de noirs
sont partis vers l'Europe et les États-Unis il y a deux cents ans, la
destination de tout visiteur. Et puis, l'ancienne prison oů le
président Senghor enfermait ses étudiants soixante-huitards, prison
aujourd'hui transformée en musée. C'est là oů les Américains ont
construit en moins d'une semaine, une tribune oů Bush prononcera son
discours. Mais les Goréens vont payer le prix fort cette visite du
«président du monde» comme on l'appelle ici. Ce lundi, on a annoncé
aux restaurateurs et autres commerçants qu'en direction de l'Afrique.
Ils devraient (les Goréens) ranger leurs échoppes donnant sur la
plage, laisser fouiller leurs restaurants et autres commerces. Mardi,
le jour prévu pour l'arrivée du «président du monde», on a prévenu
tous les Goréens habitants les environs oů Bush passera: «On passera à
5 heures du matin; les portes doivent être ouvertes sinon on les
enfonce. Tout le monde (femmes, enfants, hommes) doivent quitter les
maisons pour aller au lieu du rassemblement, la Place du gouvernement,
oů vous serez rassemblés jusqu'à son départ».
La place en question a été entourée
de chevaux de frise. Comme un enclos de bétail. Au centre, une bâche
pour une cinquantaine de personnes contre le soleil et la pluie (c'est
la saison). «On nous a demandé si on avait des chats et des moutons.
Ils vont les déménager, on ne sait oů. Samedi, on nous a dit qu'ont
viderait toutes les maisons, en laissant une personne qui sera
surveillée par deux policiers et un chien; aujourd'hui, on nous a dit
qu'on ne laisserait personne dans les maisons, tout le monde devra
quitter». Le maire et le conseil municipal ont disparu. Introuvables
sur l'Ile. «On ne les a pas vus. Ils ne nous ont rien dit. Ce sont les
services de sécurité qui nous informent». A Gorée -la rebelle, qui en
a vu d'autres, on râle bas et on résiste comme on peut: «ils ont dit
qu'ils allaient nous donner le petit déjeuner sur la grand-place, on a
dit qu'on n'en voulait pas. Beaucoup ici ont décidé de quitter l'Ile
pour aller à Dakar avec leurs familles». Ce lundi, on va contrôler
ceux qui se rendent à Gorée: «On nous a dit qu'on ne laissera passer
que les résidents avec leurs cartes. Mardi, il n'y aura qu'une navette
de la chaloupe, celle de 7h du matin pour ceux qui vont travailler ŕ
Dakar».
Paranoïa
A Gorée, si tout le monde râle,
personne ne veut être cité: «On ne sait jamais, ils sont capables de
venir te chercher. Nous, on n'a pas élu Bush, on ne l'a pas invité à
Gorée. Pourquoi Wade accepte qu'il vienne nous emmerder ? Combien de
millions de dollars il amène ? Combien pour Gorée ? Ils croient qu'ils
peuvent nous ramener à l'esclavage en réparant seulement les rues et
l'embarcadère ?». En attendant, l'Ile de Gorée est plus surveillée que
Bagdad. Des navettes sillonnent les eaux bleues entre Dakar et l'île.
Tout le réseau téléphonique est perturbé. Et tout le monde est
convaincu d'une chose: «nous sommes tous sous écoute». Si personne
n'en a la preuve, on note cependant que depuis la semaine dernière
tout le réseau téléphonique est bouleversé: «interférences sur le
réseau; conversations en anglais quand vous appelez etc. La presse a
annoncé que les Américains se sont fait installer 400 lignes
téléphoniques» .
Elle avait été annoncée. On avait
dit aussi qu'elle serait interdite. Elle aura finalement lieu. Il
s'agit de la manifestation appelée par le Collectif des intellectuels
du Sénégal. Son coordonnateur, le professeur (de sociologie) Malick
Ndiaye, est un homme heureux: «d'abord certains secteurs de l'État
avaient distillé des informations comme quoi on n'aurait pas
l'autorisation. Mais le préfet de Dakar me l'a accordée. Outre le
collectif des intellectuels, le puissant syndicat de l'enseignement
supérieur (Saes), deux associations des droits de l’Homme se joignent
à cette manifestation prévue pour ce lundi. Par contre, les partis
membres de la coalition gouvernementale et l'opposition, gardent le
silence. Pourtant, l'opposition avait pris part aux manifestations au
moment de l'intervention américaine en Irak».
Comme la veille de l'intervention
américano-anglaise en Irak, les slogans restent sensiblement les mêmes:
«troupes US et anglaises hors de l'Irak; contre l'accord d'impunité
que le Sénégal aurait signé avec les États-Unis, mesures de réparation
contre l'esclavage; Bush et Blair devant le TPI pour avoir menti sur
les raisons de leur intervention en Irak». Le Libéria sera également
évoqué durant cette manifestation: «nous estimons que les États-Unis
sont trop concernés pour intervenir seuls au Libéria».
QUI VA DIRIGER L'IRAK?
Officiellement, selon le président
américain, les Nations unies auront «un rôle vital à jouer» dans la
reconstruction de l’Irak et le pays sera dirigé «aussi vite que
possible» par une autorité intérimaire et ensuite par des Irakiens.
Mais, pressé par les journalistes à préciser le rôle de l’ONU George
W. Bush a parlé une nouvelle fois des différents aspects humanitaires
de l’après-guerre, mais jamais d’un quelconque rôle politique dans
l’administration du pays après la chute de Saddam Hussein.
Plus inquiétant, le président
américain n’a jamais fait allusion aux maigres acquis du récent mini-sommet
des Açores, qui avait notamment préconisé une résolution de l’ONU
censée reconnaître et légitimer l’autorité intérimaire destinée à
diriger le pays. Autant dire que, aux yeux de Washington, les Nations
unies sont désormais appelées plus à soigner les blessés et enterrer
les morts qu’à assurer à l’Irak une autorité intérimaire
représentative et reconnue par l’ensemble de la communauté
internationale. Ce qui signifie que le Premier britannique, Tony
Blair, n’est pas parvenu à «vendre» à Bush une administration du «nouvel
Irak» par l’ONU, en dépit des déclarations enregistrées à l’issue de
la rencontre de Belfast, entre le président américain et le premier
ministre britannique. Les «faucons» du Pentagone (de Rumsfeld à Rice)
l’ayant finalement emporté sur la «colombe» du Département d’Etat
(Powell).
Dès la veille du sommet de Belfast,
Washington et Londres semblaient décidés à adopter un plan de l’après-guerre
en trois étapes: dans un premier temps, une administration
américano-britannique responsable surtout de la sécurité, assurée par
Jay Garner et son équipe de l’Office de reconstruction et d’aide
humanitaire (ORHA); ensuite une deuxième phase, dite intérimaire, avec
la mise en place d’une administration avec des compétences
officiellement plus étendues et comprenant des Irakiens, mais
dépourvue de tout pouvoir exécutif; et enfin une troisième étape
consistant en la mise en place d’un gouvernement représentatif, après
des élections.
CONDOLEZA RICE FACE À COLIN
POWELL.
Désormais, il apparaît clairement
que le pouvoir réel restera entre les mains des alliés
américano-britanniques non seulement dans la première phase, mais
aussi durant la deuxième, comme le souhaitait ouvertement Condoleeza
Rice, en opposition ouverte avec Colin Powell. La conseillère de Bush
pour la sécurité, en effet, n’a cessé de marteler ces derniers jours
que «l’Irak est unique» et «ne ressemble ni au Kosovo ni à
l’Afghanistan». Tandis que le secrétaire d’Etat proposait à plusieurs
reprises une réédition de la conférence de Bonn sur l‘Afghanistan et
prêchait en faveur d’un rôle réel de l’ONU dans l’administration de
l’Irak, avec l’appui d’une nouvelle résolution explicite sur le rôle
de la communauté internationale. Ce ne sera visiblement pas le cas,
Bush ne s’étant engagé qu’à «travailler avec les institutions
internationales, dont les Nations unies», désormais rangées dans la
catégorie des «super ONG». Sans céder ne serait-ce qu’un pouce de
pouvoir réel à l’ONU.
Pour Tony Blair, très soucieux de
se replacer sur le terrain de la légalité, le sommet de Belfast risque
de rendre encore plus insignifiante sa tentative de jouer le rôle
d’intermédiaire entre Washington et le duo franco-allemand. Car, non
seulement les positions des uns et des autres semblent s’éloigner,
mais le rôle de l’ONU semble diminué même par rapport au sommet des
Açores. Alors même que Kofi Annan ne cesse de rappeler que les Nations
unies ont une réelle expérience de ce type d’administration et de la
région, et, surtout, «peuvent assurer la légitimité nécessaire pour le
pays, pour la région et pour les peuples du monde entier».
Mais c’est sans doute à l’intérieur
même de l’Union européenne que les conséquences seront les plus
visibles, si l’ONU est définitivement cantonnée à l’humanitaire.
L’Allemagne a d’ores et déjà fait savoir qu’elle pourrait renoncer à
toute participation à l’après-guerre en Irak, sans le parapluie
onusien. «Si l’Irak n’est pas reconstruit par les Nations unies, a dit
son ministre de la Défense, je ne vois aucun rôle significatif pour
l’Allemagne». Et Peter Struck d’ajouter: «Si l’Allemagne ou d’autres
pays européens participent à la reconstruction de l’Irak dans le cadre
de l’ONU, alors il faudra aussi garantir que les Nations unies gèrent
directement l’attribution des contrats». Ce qui semble d’ores et déjà
exclu.
Quant à la France, les récentes
déclarations de Dominique de Villepin en faveur de l’ONU ne laissent
aucun doute sur la position française. De plus, Paris, Berlin et
Bruxelles, plus que jamais conscients du rôle que pourrait jouer
l’Europe sur le plan militaire, sont décidés à relancer au plus vite
la politique commune de défense européenne, à l’occasion d’un sommet
extraordinaire prévu à Bruxelles pour le 29 avril prochain. Une idée
qui a aussitôt provoqué un certain embarras chez les «amis» des alliés
americano-britanniques, à commencer par les Italiens et les Espagnols.
«L’idée de ce sommet est une bonne initiative, a dit le ministre
italien des Affaires étrangères. Parmi les Quinze beaucoup sont du
même avis sur ces thèmes. Aujourd’hui cette initiative doit vraiment
être faite à quinze». Tout en ne remettant nullement en cause le rôle
ambigu de l’Otan, notamment en ce qui concerne la Turquie.
En réalité, la crise qui secoue
aujourd’hui l’UE reflète assez précisément celle que traverse l’Otan
et s’est manifestée en premier, en janvier, lorsque Paris et Berlin
ont «osé» mettre leur veto sur une résolution préconisant une
intervention automatique du côté de la Turquie, en cas d’agression par
le voisin irakien. Et, désormais, qui dit Otan dit relations
conflictuelles entre les deux rives de l’Atlantique, notamment sur le
futur de l'ONU.
La date et le lieu de la prochaine
confrontation sont déjà connus: le week-end prochain, à Saint-Petersbourg,
lorsqu'un sommet très inattendu doit se tenir, entre le Russe Poutine,
le Français Chirac et l'Allemand Schroeder, mais aussi Kofi Annan, un
secrétaire général de l'ONU de plus en plus amère.
NEW YORK. LES USA VERS UN
COMPROMIS À L'ONU
Alors que Georges Bush doit
prononcer un discours très attendu sur la marche vers la guerre contre
l'Irak, ce jeudi en Les Etats-Unis ont déposé hier un projet de
résolution révisé sur l'Irak. Le texte, extrêmement ambigu, endosse en
apparence la démarche en deux temps demandée par la France, sans pour
autant forcer les Etats-Unis à obtenir une autorisation du Conseil de
sécurité de l'ONU avant de partir en guerre contre l'Irak.
Le projet de résolution déposé hier
par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne est un chef d’œuvre
d'ambiguïté. Au terme de sept semaines de négociations éreintantes,
chaque pays pourra y lire ce qu'il souhaite y voir. Il endosse en
partie la démarche en deux temps exigée par la France, tout en offrant
aux Etats-Unis une marge suffisante pour contourner l'ONU et partir en
guerre contre Bagdad si le besoin se présente. Le représentant
américain à l'ONU a demandé un vote sur le texte pour vendredi. En
attendant, le Conseil de sécurité devait se réunir à huis clos pour
régler les derniers détails. La France et la Russie, qui ont jusqu'à
maintenant mené l'opposition au texte américain, semblent vouloir
obtenir certaines modifications. «Il reste nécessaire de lever
certaines ambiguïtés», a affirmé Catherine Colonna, la porte-parole de
l'Elysée, au terme au terme d'un entretien téléphonique entre les
présidents français Jacques Chirac et le Russe Vladimir Poutine. Selon
elle, Jacques Chirac estime «qu'il y aurait des avantages à ce que la
résolution soit adoptée de façon unanime. Cela suppose que tout risque
d'automaticité soit exclu».
La question centrale, celle pour
laquelle les Etats-Unis sont venus à l'ONU, demeure l'autorisation
automatique du recours à la force. Depuis le discours de George Bush
devant l'assemblée générale de l'ONU, le 12 septembre dernier,
Washington tente d'obtenir du Conseil de sécurité une carte blanche
pour attaquer l'Irak, en cas de non coopération avec les inspecteurs
de l'ONU. Or, le projet de résolution américain, dans son paragraphe
4, prévoit que tout refus de coopérer avec les inspecteurs en
désarmement de l'ONU placera l'Irak en «nouvelle violation patente»
des résolutions de l'ONU. Les spécialistes du dossier estiment que
cette formule peut suffire pour légalement justifier l'usage de la
force contre l'Irak.
Mais, politiquement, les Etats-Unis
semblent endosser la démarche française en deux temps. Leur projet
prévoit qu'en cas de non coopération de l'Irak, le Conseil de sécurité
se réunira immédiatement pour «appréciation» de la situation.. Mais
les Etats-Unis ne se lient pas les mains en précisant qui devra
constater cette non coopération (Washington ? Les inspecteurs ?), pas
plus qu'ils ne s'engagent à demander une deuxième résolution au
Conseil de sécurité avant de recourir à la force, si le rapport de
force n'est pas en leur faveur. La concession est donc sans grand
danger pour Washington. En même temps, les Etats-Unis accordent «une
dernière chance à l'Irak de se mettre en conformité avec ses
obligations en matière de désarmement dans les résolutions pertinentes
du Conseil de sécurité». Cette dernière chance, par le biais des
inspections, n'était pas acquise il y a encore quelques semaines.
Rien ne semble plus devoir faire
rempart à cette résolution
Le nouveau régime d'inspection
édicté dans la nouvelle résolution est beaucoup plus sévère que ceux
pratiqués dans le passé. A tel point que la France, la Russie, et le
chef des inspecteurs Hans Blix lui-même voudraient voir certaines des
conditions américaines retirées du texte final. C'est le cas notamment
d'une provision qui donne trente jours à l'Irak pour faire un rapport
sur toutes ses activités biologiques et chimiques, y compris celles
qui ne sont pas en lien avec des programmes d'armement. Dans un pays
où l'industrie pétrochimique est colossale, une telle exigence parait
irréalisable en un mois et ouvre la porte à la constatation d'une
multitude d'oublis de la part de l'Irak. Certains diplomates craignent
que n'importe lequel des ces oublis puisse être saisi par les
Etats-Unis pour déclencher l'offensive militaire. D'autres provisions,
comme celle qui donne 7 jours à l'Irak pour confirmer sa soumission à
la nouvelle résolution, sont jugées inutiles et dangereuses dans la
mesure où, par le passé, l'Irak n'a jamais clairement accepté les
résolutions de l'ONU.
En revanche, l'accès immédiat à
tous les sites, y compris les fameux palais présidentiels est acquis,
de même que le droit pour les inspecteurs d'exfiltrer les familles des
scientifiques irakiens qui seraient prêts à coopérer pleinement, si
ils ont l'assurance que leurs proches ne feront pas l'objet de
représailles. Les secteurs qui feront l'objet de contrôle pourront
également être «gelés», interdits à toute circulation aérienne ou
terrestre, pour empêcher les Irakiens d'évacuer des documents
compromettants par la porte de derrière quand les inspecteurs sonnent
à l'entrée. Les Etats-Unis ont renoncé à faire accompagner les
inspecteurs par des escortes armées ou des diplomates du Conseil de
sécurité, qui leur auraient indiqué les endroits à contrôler.
Malgré les divergences qui
subsistent, rien ne semble plus devoir faire rempart à cette
résolution. Même si la France et la Russie ne sont pas satisfaites par
les dernières retouches sur la résolution américaine, aucun de ces
deux pays ne semble prêt à utiliser son droit de veto. Au terme d'une
campagne diplomatique agressive (Washington a obtenu le renvoi de
l'ambassadeur mauricien Jagdish Koonjul, jugé trop retors), les
Etats-Unis ont obtenu les neufs voix dont ils avaient besoin au
Conseil de sécurité. Ils travaillent maintenant à obtenir l'unanimité
du Conseil, ou, à défaut, 14 voix, si la Syrie persiste dans son refus
d'une nouvelle résolution.
Les Russes et les Français, après
avoir demandé l'avis de leur capitale, devraient aujourd'hui faire
part de leur remarques au Conseil de sécurité. «Depuis le début de ces
longues négociations, pour la France, le point essentiel demeure la
préservation du rôle du Conseil de sécurité. C’est ce que nous
appelons l’approche en deux temps. Sur ce point précis, je peux dire
que des progrès substantiels ont été accomplis», affirmait toutefois
hier l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-David Levitte. Selon lui,
depuis le début, le but de la France est de maintenir l'unanimité du
Conseil de sécurité de l'ONU. «Nous devons être unis sur un sujet
aussi important si nous voulons aboutir a nos fins», a-t-il affirmé,
en ajoutant qu'il s'en remettait à Hans Blix pour déterminer jusqu'où
le régime d'inspection devait être renforcé.
Si le texte américain était adopté
dès demain, l'Irak aurait une semaine pour en accepter les termes. Les
premiers inspecteurs pourraient se rendre sur place en moins de dix
jours, et commencer leur travail moins d'un mois après. Une fois les
inspections commencées, la mission d'inspection de l'ONU aura 60 jours
avant de retourner devant le Conseil de sécurité pour un premier point
d'étape.
NEW
YORK. FLUSHING MEADOWS.Finale de légende à l'US Open: Agassi-
Sampras
L'Amérique en rêvait, Andre Agassi
et Pete Sampras l'ont fait: les deux vedettes trentenaires ont offert
à leur pays une finale de l'US Open de tennis 100 % américaine, en
battant respectivement l'Australien Lleyton Hewitt, tenant du titre,
et le Néerlandais Sjeng Schalken, samedi en demi-finales à Flushing
Meadows.
Sampras, 31 ans, et Agassi, 32 ans,
vont ainsi écrire une 34e page du grand livre de leur rivalité et de
l'histoire de ce sport en général. Un épisode attendu par tous les
fans et particulièrement les New-Yorkais, qui auront bien du mal à
choisir entre leurs deux héros.
"Si c'est Andre en finale, ce sera
un moment incroyable pour nous deux et notre sport, déclarait Sampras,
premier qualifié dans la chaleur du Central sans concéder une seule
fois son service à l'invité surprise, le Néerlandais Sjeng Schalken
(7-6 (8/6), 7-6 (7/4), 6-2).
"Il (Agassi) fait ressortir le
meilleur de moi-même, poursuivait le quadruple lauréat de l'épreuve,
finaliste pour la huitième fois. Entrer sur le Central en sa compagnie
serait un moment spécial. Et si c'est lui, j'ai l'impression d'être
prêt."
Agassi a fait ce plaisir à son
vieux rival, en dominant le N.1 mondial en personne (6-4, 7-6 (7/5),
6-7 (1/7), 6-2), ce jeunot d'Adélaïde qui avait battu Sampras en
finale, douze mois plus tôt, pour devenir le nouveau patron du tennis.
Le "kid de Las Vegas" a remporté le
choc des meilleurs retourneurs du circuit. Il a réalisé des passings à
montrer dans les écoles, des volées incroyables pour un spécialiste du
fond de court et même des "aces" comme les deux qu'il a claqués dans
le dernier jeu du match.
Le tout en 2 heures et 59 minutes.
Preuve d'une condition physique exemplaire pour le papy-papa du
circuit, doublée d'une détermination fabuleuse, qui a eu raison d'un
adversaire pourtant réputé dans les deux domaines.
"C'est New York, baby !", lançait
Agassi au public du Central encore sous le charme d'un "chouchou"
qu'il a soutenu aux chants de "USA, USA !", tandis que Hewitt
rejoignait les vestiaires la tête basse, la gorge nouée, en rêvant
déjà de revanche.
"J'ai travaillé dur toute l'année
pour être ici demain (dimanche) et je suppose que c'est la même chose
pour Pete", disait Agassi, en quête d'un troisième sacre à Flushing
Meadows, un huitième en Grand Chelem pour ce joueur capable de
s'imposer sur toutes les surfaces.
"J'ai toujours cru en mes capacités
et je pense être encore capable de gagner un tournoi du Grand Chelem",
assurait Sampras qui a une occasion de mettre fin à plus de deux
années d'insuccès (Wimbledon 2000) et porter le record de victoires en
Grand Chelem à 14 unités.
La "vista" d'Agassi et ses retours
meurtriers auront-ils raison de la puissance de frappe de Sampras au
service et de ses volées légendaires ? "L'un de nous repartira plus
déçu que l'autre mais je pense que le tennis en sortira gagnant",
concluait Agassi.
Quelque soit le vainqueur, les
Etats-Unis sortiront renforcés de cette quinzaine car déjà assurés des
deux plus beaux trophées, la finale dames ayant opposé samedi en
soirée les soeurs Serena et Venus Williams.
L'US Open n'avait pas réuni quatre
représentants de la bannière étoilée dans les deux finales depuis
1979, avec la victoire de John McEnroe sur Vitas Gerulaitis et celle
de Tracy Austin sur Chris Evert. De quoi attiser un sentiment
patriotique déjà à son comble à l'approche du premier anniversaire des
tragiques attentats terroristes du 11 septembre.
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