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Nouvelles des USA

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2008

BARACK OBAMA ELU 44ème PRESIDENT DES ETATS UNIS.

Les Américains ont élu ce mardi 4 novembre le sénateur démocrate Barack Obama, à l'issue d'une campagne inédite et avec une participation très importante. John McCain a reconnu sa défaite devant ses supporters à Phoenix , alors qu'un million de sympathisants démocrates sont en train de se rassembler dans les rues de Chicago. Barack Obama est le premier président noir aux Etats-Unis.Une page d'histoire dans les annales des Etats Unis, en ce Mardi 4 Novembre 2008 .

De longues files d’attente se sont formées dès les premières heures de la matinée. Les observateurs sont unanimes : le scrutin présidentiel qui se clôt aujourd'hui a passionné les foules. Peut-être en raison de son caractère historique.

 

 

LA CAPTURE DE SADDAM HUSSEIN EN IRAK A 12 H 15

C'est confirmé: l'ancien président irakien a bien été capturé samedi soir, dans son fief, près de Tikrit par un commando américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas opposé de résistance.

Bagdad, dimanche 14 décembre, 12 heures 15 TU : (Mesdames, messieurs, on l’a eu , s’exclame l’administrateur civil américain de l’Irak, Paul Bremer, en entamant son point presse, alors que des cris de joie et de soulagement fusent de la salle. Cette annonce de la capture de l’ancien président irakien fait suite à deux longues heures d’incertitude au cours desquelles l’information avait largement filtré sans toutefois être confirmée.

Paul Bremer explique que la capture a eu lieu vendredi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de Tikrit. Selon lui, un commando américain investit une petite ferme dans laquelle il découvre une cave. C’est là que se cache l’ancien chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à son arrestation. Les images tournées par l’armée américaine montrent l’ancien président hirsute, portant une barbe fournie et se laissant examiner par un soldat portant des gants en caoutchouc. C’est probablement au cours de cet examen qu’un prélèvement a été effectué sur Saddam Hussein afin d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve de son identité. Il a été conduit peu après dans un endroit tenu secret, a déclaré le porte-parole militaire de Paul Bremer qui assure que «cette capture va marquer le début de la réconciliation pour le peuple irakien».

L''ancien président irakien a bien été capturé samedi soir, près de son fief de Tikrit par un commando américain. Il se cachait dans une ferme et n'a pas opposé de résistance. De nombreuses réactions de satisfaction et d'espoir sont enregistrées. Des voix s'élèvent pour appeler au jugement de l'ancien raïs.

Paul Bremer explique que la capture a eu lieu samedi soir, vers 20 heures 30 heures locales, près de la ville d’al Dour, au sud de Tikrit. Selon lui, un commando américain investit une petite ferme dans laquelle il découvre une cave. C’est là que se cache l’ancien chef d’Etat qui n’a pas opposé de résistance à son arrestation. Les images tournées par l’armée américaine montrent l’ancien président hirsute, portant une barbe fournie et se laissant examiner par un soldat portant des gants en caoutchouc. C’est probablement au cours de cet examen qu’un prélèvement a été effectué sur Saddam Hussein afin d’établir, par l’examen de son ADN, la preuve de son identité. Il a été conduit peu après dans un endroit tenu secret, a déclaré le porte-parole militaire de Paul Bremer qui assure que «cette capture va marquer le début de la réconciliation pour le peuple irakien».

A l’annonce de l’arrestation, des tirs de joie ont retenti dans les rues de Bagdad. A Souleymaniyah, dans le Kurdistan, des orchestres de rue se sont réunis pour célébrer l’événement.

Ce sont des sources kurdes qui, les premières, ont révélé la nouvelle de la capture de l’ancien président irakien. Tout d’abord sous couvert de l’anonymat, un haut responsable de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) a annoncé que cette arrestation avait été le fruit d’une collaboration entre l’armée américaine et les forces spéciales de l’UPK et affirmé qu’il s’agissait «de la même force qui a arrêté Taha Yassine Ramadan à Mossoul», en référence à l’arrestation du vice-président irakien à Mossoul, à la mi-août. Puis l’information avait été confirmée par le président du Conseil de gouvernement transitoire irakien en visite à Madrid, Abdel Aziz al Hakim, qui précisait que le test ADN pratiqué confirmait l’identité du prisonnier.

De nombreuses réactions sont enregistrées. A Paris, la porte-parole de la présidence déclare que Jacques Chirac «se réjouit» et parle «d’événement majeur». Satisfaction en Israël où le président Moshé Katzav, en visite officielle en Chine, a déclaré que «c’est une excellent nouvelle pour Israël et un preuve que la communauté internationale ne tolérera pas qu’un Etat totalitaire soutienne le terrorisme international». «Je sous content lorsqu’on arrête un criminel, quel qu’il soit, je le suis encore plus quand ce criminel a commis tant de crimes contre les Iraniens», a déclaré de son côté le vice-président iranien. «C’est une très bonne nouvelle pour le peuple irakien», a estimé le Premier ministre britannique Tony Blair, «nous devons essayer maintenant d’unifier l’ensemble de l’Irak en reconstruisant le pays et en lui offrant un nouvel avenir». «Une victoire de la coalition» qui «pourrait changer la situation internationale», a déclaré le ministre roumain de la Défense.

C’est donc la fin d’une longue traque de neuf mois. Sa tête avait été mise à prix pour une somme de 25 millions de $. Ses deux fils avaient été tués lors d’un raid, le 22 juillet à Mossoul. Aujourd’hui, il semble définitivement acquis que Saddam Hussein ne gouvernera plus. Cela suffira-t-il à inverser la tendance et à entraver la détérioration de la situation en Irak ? Il n’est pas sûr que les forces d’occupation en tireront un bénéfice militaire ou politique immédiat, car l’influence réelle de l’ancien raïs sur la résistance de plus en plus vive que doit affronter la coalition n’est pas prouvée. En tout cas le bénéfice symbolique est certain. Washington vient de remporter une incontestable victoire et compte bien en tirer les bénéfice. Car la chute de «l’as de pique» aura un impact psychologique positif autant sur les troupes que sur l’opinion publique, toutes deux saisies par le doute depuis quelques mois. Et l’hôte de la Maison Blanche a bien besoin de renouer avec le succès avant d’affronter une autre bataille décisive, l’année prochaine, sur son front électoral intérieur.

Reste la question de savoir quel traitement sera appliqué à l’ancien président irakien. Le président du Congrès national irakien a annoncé que son «dossier judiciaire sera instruit». La question des armes introuvables de destruction massive ne semblant pas en mesure de fournir une accusation convaincante, la question des crimes commis par l’ancien dictateur contre son propre peuple est évoquée. Le Premier ministre britannique a notamment estimé que ce nouveau développement permettra «de juger Saddam Hussein pour ses crimes contre le peuple irakien». «Il est directement responsable de la mort de millions de personnes au cours des trente dernières années. Le moment est venu pour lui de payer pour ses crimes», a déclaré le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar. Pour le ministre de l’Information koweïtien, «Grâce à Dieu, il a été capturé vivant, et il pourra ainsi être jugé pour les crimes abominables qu’il avait commis».

En marge de cette événement, l’explosion d’une voiture piégée devant le poste de police de Khaldiya, à l’ouest de Bagdad, a fait 18 morts, dont 16 policiers, et 29 blessés, dimanche matin.

P-AU-P. HAITI. AMBASSADEUR USA JAMES FOLEY A PARLÉ

En reconnaissance du 55ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les citoyens du monde entier sont invités à surseoir sur toutes leurs activités quotidiennes pour commémorer la Journée Internationale des Droits de l’Homme.

Peu importe l’endroit où ils vivent, tous les peuples prendront le temps de réfléchir sur l’importance des droits humains dans toutes les sociétés pour s’attaquer aux défis auxquels ils font face en s’assurant que ces libertés individuelles soient respectées. L’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique profite de cette occasion pour réaffirmer que le respect des droits humains individuels occupe une place capitale au sein de la politique internationale américaine. Les droits garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont essentiels au bon fonctionnement d’une société démocratique. Ils servent de garants pour la stabilité et le développement économique.

A la veille de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, un événement qui retentit encore aujourd’hui comme le symbole de la victoire sur l’oppression, il est regrettable de noter l’état déplorable des droits humains en Haïti. La liberté acquise par les Haïtiens il y a 200 ans est minée par le non-respect des droits humains de nos jours. Comme le confirment le Rapport du Département d’Etat sur les Droits Humains pour l’année 2002 et les événements récents, la violence politique s’intensifie, la police et le système judiciaire deviennent de plus en plus politisés, et l’impunité dont jouissent ceux qui violent les droits humains demeure un grand problème. Au cours des derniers mois, le gouvernement a, de manière constante, failli à sa mission de protéger les droits des citoyens manifestant pacifiquement et exprimant librement leurs opinions. La liberté des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions se trouve confrontée à toutes sortes de pressions, puisque des journalistes sont menacés et un bon nombre de stations de radio ont été l’objet d’attaques.

Les Etats-Unis d’Amérique s’engagent à soutenir tous les Haïtiens dans l’exercice de leurs libertés fondamentales, telles que garanties par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Nous sommes aussi solidaires du peuple haïtien dans sa lutte quotidienne contre la pauvreté et la misère. Nous croyons fermement que l’on ne saurait pas réaliser le développement économique sans s’assurer le respect pour les droits humains. Car, c’est seulement dans un Etat de droit que l’on peut établir la stabilité et un climat de confiance pour attirer les investissements et d’autres moyens nécessaires pour le relancement économique du pays. Nous exhortons, donc, ceux qui ont la charge de protéger les libertés fondamentales de trouver la volonté politique nécessaire pour bâtir un Etat de droit en Haïti. Les Etats-Unis d’Amérique, un pays ami d’Haïti, demeurent prêts à soutenir un tel effort à l’aube du troisième siècle d’une Haïti indépendante.

NIGÉRIA. FIN DU VOYAGE DE 5 JOURS DU PRÉSIDENT BUSH EN AFRIQUE.

Le président Bush a achevé son  voyage de cinq jours en Afrique par le Nigeria, puissance économique régionale et fournisseur de 1,5 million de barils de pétrole par jour aux Etats-Unis. Là, avant de repartir pour Washington, le président Bush a réaffirmé sa volonté de lutter contre le terrorisme et en faveur de la paix.

Les États-Unis ne permettront pas «aux terroristes de menacer le peuple africain ni d’utiliser l’Afrique comme base arrière pour menacer le reste du monde» a déclaré le président Bush à Abuja. Il a même offert 100 millions de dollars aux gouvernements qui entreprendraient de lutter en ce sens.

En revanche, George W. Bush n’a pris aucun engagement sur l’éventuelle participation des Etats-Unis à une force de maintien de la paix au Liberia comme beaucoup de voix s’élèvent pour l’y inciter. Une équipe d’experts militaires américains est actuellement présente au Liberia pour évaluer la situation et, selon toute probabilité, envisager les possibilités d’une telle intervention. Mais le président américain demeure inflexible dans son souhait de voir Charles Taylor, le président du Liberia quitter le pays. Il a donc remercié le président nigérian Olusegun Obasanjo pour sa contribution à la recherche d’une solution en offrant l’asile à Charles Taylor.

Le voyage du président américain en Afrique a également permis de laver le Continent du soupçon d’avoir été approché par le régime irakien de Saddam Hussein afin de lui livrer de l’uranium, base de l’arme atomique. George W. Bush a reconnu, lors de son étape en Ouganda, que c’est sur la foi de rapports erronés des services de renseignements américains qu’il avait lancé, en janvier dernier, cette accusation de nature à justifier l’intervention américaine en Irak. George Tenet, directeur de la CIA a accepté de porter publiquement le chapeau et fait son mea culpa.

Pourtant, à Dakar, au Sénégal, les choses n’avaient pas très bien commencé. A la première étape de son voyage sur le continent africain le président Bush avait quelque peu déçu en raison de la brièveté de son passage, limité à la visite de l’île de Gorée, point de départ des esclaves noirs vers le Nouveau monde. L’impression qu’il a laissée est celle d’un geste à visée électorale en direction des afro-américains sur le thème de l'esclavage et de la traite négrière, très sensible aux États-Unis, notamment au sein de l'électorat noir qui a toujours penché davantage vers les démocrates que vers les républicains. Et les Sénégalais ont été confortés dans l’idée que le président américain pensait plutôt à sa situation politique intérieure en se présentant avec les deux ministres de couleur les plus en vue de son gouvernement: Colin Powell et Condoleeza Rice.

Mais, abordant les aspects prioritaires de son voyage, l’étape sud-africaine de la tournée africaine de George Bush a surtout porté sur les questions de paix et de sécurité. Thabo Mbeki, le président sud-africain, a rappelé son opposition à toute intervention militaire américaine en Afrique notamment pour obtenir l’instauration de régimes plus démocratiques. Evoquant la situation au Liberia, Thabo Mbeki a notamment rappelé le déploiement prochain d’une force d’interposition ouest-africaine, décidé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tout en se félicitant de l’appui financier et logistique des États-Unis. Nelson Mandela, quant à lui, avait tenu parole et il n’était pas dans le pays lors du passage de George Bush, qu’il a sévèrement critiqué à plusieurs reprises.

Mais il a aussi été question du sida, lors de cette visite officielle, un thème résolument mis en avant par la délégation américaine. Et si le Botswana a été choisi parmi les cinq étapes c’est qu’il est le pays du monde le plus frappé par la maladie. Les autorités de ce pays africain ont manifesté par des actes leur volonté d’endiguer la pandémie, les Etats-Unis, favorablement impressionnés de leurs efforts ont offert une aide abondante. Le président Bush a mis en relief les succčs de la lutte contre le sida quand l’argent est bien utilisé.

Ensuite, un bref arrêt, à peine quatre heures, en Ouganda, a permis au président Bush de resserrer les liens avec le président Yoweri Museveni. Le président ougandais est en effet un des rares chefs d’Etat africains à avoir soutenu l’intervention américaine en Irak. Le président américain a laissé entendre que les Etats-Unis soutenaient le rôle de pays tampon entre l’Afrique noire et le monde islamique qui semble tenir l’Ouganda.

 

LE VOYAGE EN AFRIQUE DU PRÉSIDENT GEORGE W. BUSH DES USA.

Du 7 au 12 Juillet, le président George Bush effectue une tournée en Afrique qui le mènera dans 5 pays.

Le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria ont été choisis pour l’exemple qu’ils offrent dans la lutte contre les maladies, pour les uns, et la stabilité politique pour les autres.

La visite du président des Etats-Unis en Afrique s’inscrit dans «le cadre de l’engagement de l’Administration Bush d’oeuvrer pour une Afrique libre, prospère et paisible», communique la Maison Blanche ŕ quelques jours du début de la visite africaine de George Bush.

Sa première étape sera le Sénégal, et plus précisément la visite de l’Île de Gorée. L’entretien avec le président Abdoulaye Wade sera bref, ce que déplore déjà les milieux politiques Sénégalais. George Bush s’envolera pour l’Afrique du Sud oů il passera plusieurs jours. Le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria sont aussi des destinations que l’administration Bush a choisies en fonction de ses priorités politiques.

George Bush a profité de sa rencontre avec le Conseil des entreprises sur l’Afrique (Corporate Council on Africa), pour tracer les grandes lignes de sa visite et exposer les raisons profondes qui motivent cette tournée africaine. Le Sénégal a été choisi parce qu’il «représente la plus ancienne démocratie de l’Afrique de l’ouest, le Botswana parce qu’il est une démocratie stable et l’une des économies les plus puissantes de l’Afrique, l’Afrique du Sud est un pilier de la paix régionale et de la stabilité, l’Ouganda oů la politique éclairée du gouvernement a débouché sur la chute la plus remarquable au monde du taux d’infection au VIH, et le Nigeria qui est en train de consolider son gouvernement civil et de développer ses vastes ressources», souligne le George Bush. Il a profité de cette rencontre avec les hommes d’affaires pour faire l’éloge du libéralisme économique auquel il invite avec insistance les pays africains.

La visite de George W. Bush se veut être une amorce de consolidation des relations avec l’Afrique mais qui devrait se faire dans une logique d’échanges de bons procédés. Au premier titre des préoccupations américaines on note par exemple la lutte contre le terrorisme, pour laquelle les Etats-Unis sont prêts à consacrer 100 millions de dollars au cours des quinze prochains mois en faveur des pays comme le Kenya, l’Ethiopie ou la Tanzanie. Par ailleurs, l’accroissement des échanges et des investissements avec l’Afrique a connu ces dernières années une nette progression. Les Etats-Unis ont investi en Afrique en 2002 plus de 5,8 milliards de dollars alors que les exportations globales du continent vers les Etats-Unis s’élève pour la même période à plus de 18 milliards de dollars. Dans l’entourage du président Bush, on parle d’inverser la tendance qui fait que l’intérêt des Etats-Unis pour l’Afrique concerne essentiellement des aides directes en matières sanitaires et humanitaires ; 2 milliards de dollars l’année dernière.

«L’Afrique sub-saharienne, qui héberge 11% de la population mondiale, est responsable de moins de 2% du commerce mondial. Les Etats-Unis sont résolus à mettre le pouvoir transformateur du commerce à la portée de tous les Africains», a déclaré le président George Bush pour situer le sens de son voyage. Le renforcement de l’AGOA Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, même s’il est encouragé ne peut bénéficier qu’aux Etats qui répondront à certains critères nouveaux qui s’ajoutent aux conditions d’éligibilité déjà longues. «Trop souvent, par le passé, l’aide au développement s’est fourvoyée à soutenir des régimes corrompus», a précisé George Bush. Pour remédier à ces erreurs d’approche et d’analyse, le président américain propose la création d’un Compte du millénaire. Il participera à la moralisation de la vie politique africaine pour favoriser un décollage économique. Trois grands principes à respecter permettront aux Etats africains d’en bénéficier, selon l’administration Bush : «gouverner avec justice, investir dans la santé et dans l’éducation des sociétés et appliquer une politique qui encourage la liberté économique».

Ces préoccupations rejoignent celles du NEPAD, Nouveau partenariat pour le développement en Afrique âprement défendu par les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud et Olushegun Obasanjo du Nigeria, qui reçoivent prochainement George W. Bush. Coincidences. Le NEPAD soumet l’aide au développement à l’engagement en faveur de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la démocratie, la bonne gestion de l’économie et la prévention des conflits. Mais les nouvelles relations Etats-Unis –Afrique ne se construisent pas uniquement sur les bases d’une entente cordiale. De nombreux dossiers qui fâchent sont soigneusement évités dans les discours de bonnes intentions de l’administration Bush, telles que les subventions à l’agriculture américaine qui pénalisent certains produits africains sur le marché international ou encore les divergences sur l’opportunité de la création et des compétences de la Cour pénale internationale (CPI). Non seulement les Etats-Unis ne reconnaissent pas la CPI mais engagent des sanctions contre tous les pays qui ne signeraient avec eux des accords d’immunité et de non extradition des Américains qui seraient inculpés par la CPI, chargée de juger les crimes de guerre ou contre l’humanité.

Le Congrès américain avait fixé au 1er juillet 2003 la date limite de la signature de ces accords avec les pays tiers. Les premières mesures de représailles ont été annoncé par l’administration Bush qui a publié une liste de 35 pays qui ne recevront plus son aide militaire dont le solde s’élève ŕ 47,6 millions de dollars. Dix pays africains sont frappés par cette mesures : le Bénin, la Centrafrique, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la Namibie, le Niger, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie. Dès le jeudi 26 juin, Amnesty international et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) ont signalé que le Sénégal venait de signer l’accord de non-extradition des ressortissants américains. Ces organisations mobilisent aujourd’hui partis politiques, syndicats et intellectuels pour faire pression sur l’Assemblée nationale sénégalaise qui n’a pas encore ratifié cet accord. Par ailleurs, dans toutes les destinations du président Bush, des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ont promis de manifester leur opposition à une certaine politique des Etats-Unis.

EN OUGANDA, LE PRÉSIDENT BUSH A CONSOLIDÉ L'ALLIANCE.

Un bref arrêt en Ouganda aura essentiellement permis au président Bush de louer le leadership de son homologue ougandais, le président Yoweri Museveni.

Personnel de l’aéroport évacué, route reliant Entebbe au reste du pays momentanément coupée, arbres autour de l’hôtel oů ont lieux les rendez-vous du président des Etats-Unis élagués, voirie refaite. Finalement c’est dans un espace totalement aseptisé que George W. Bush a passé quatre heures en Ouganda entre l’Afrique du Sud et le Nigeria. En 1998, le président Clinton avait fait une visite plus approfondie, se rendant dans la capitale, Kampala, oů il avait rencontré d’autres chefs d’Etat de la région ainsi que l’opposition politique.

L’absence à Entebbe des chefs d’Etats d’Afrique de l’Est, tous sollicités à Maputo au Mozambique par le sommet de l’Union Africaine, ainsi que la mise à l’écart dans l’agenda du président Bush des représentants de l’opposition politique a fait grincer les dents les associations de défense des droits de l’homme en Ouganda.

Ce bref arrêt en Ouganda aura essentiellement permis au président Bush de louer le leadership de son homologue ougandais, le président Yoweri Museveni. A l’occasion de la visite d’un centre d’aide aux sidéens, Bush a particulièrement souligné le succès de la stratégie de l’Ouganda dans la lutte contre l’épidémie du Sida. Une épidémie qui grâce à l’ouverture du gouvernement ougandais sur un sujet longtemps tabou a permis, selon le président Bush, de faire baisser le taux des personnes infectées par le sida en Ouganda de plus de 20% à 5% seulement. Un signe d’espoir pour beaucoup d’autre pays d’Afrique oů la courbe de l’épidémie est toujours ascendante. «Vie après vie, village après village, l’Ouganda montre que le sida peut ętre vaincu en Afrique», a déclaré avec lyrisme le président Bush qui a rencontré des malades.

A l’issue d’un tête a tête avec le président Museveni dans un grand hôtel sur les rives du lac Victoria, le président américain a laissé entendre que les Etats-Unis soutenaient la politique très agressive sur le plan militaire de l’Ouganda dans la région des Grands Lacs. «Nous allons continuer de travailler avec vous pour amener la paix sur le continent» a-t-il déclaré à son homologue ougandais. «Vous avez été un chef puissant pour régler les conflits régionaux» a-t-il insisté. Les Etats-Unis sont eux même très impliqués dans les processus de paix en cours au Soudan et en République Démocratique du Congo, oů l’Ouganda a longtemps soutenu des mouvements armés.

En juin, lors du passage de Museveni à la Maison Blanche, George Bush avait souligné son désaccord avec un éventuel changement de la constitution ougandaise qui permettrait à Museveni de rester au pouvoir au-delà de 2006. Mais pour le président Bush, comme pour son prédécesseur, l’Ouganda est un pays tampon entre l’Afrique noire et le monde islamique. Ainsi, c’est en grande partie grâce au soutien de l’Ouganda et des Etats-Unis que la rébellion de John Garang au sud-Soudan a le pouvoir de dialoguer aujourd’hui avec le régime islamique de Khartoum. A la clef, la fin peut-être de 20 ans de guerre.

Les deux présidents sont également intéressés par le pétrole. Le pétrole du sud-Soudan, mais aussi le pétrole de l’est de la République Démocratique du Congo oů un gisement est en cours d’exploration sous le lac Albert. Or, pour exploiter ces gisements, il faut une relative stabilité, sinon une paix négociée qui prenne en compte les intérêts économiques des Etats-Unis et aussi ceux de l’Ouganda.

Cette rapide visite en Ouganda aurait finalement été aussi sereine que le climat de ce pays équatorial si un journaliste n’était pas parvenu à poser une question au président Bush à propos de l’Irak. Le président Bush est accusé d’avoir déclaré dans un discours déterminant prononcé avant l’envoi des troupes américaines en Irak que le régime de Saddam Hussein avait obtenu de l’uranium au Niger dénonçant ainsi la prétendue construction d’une bombe atomique. Une information qui s’est révélée sans fondement. Le président américain a répondu: «J’ai fait un discours qui avait reçu le feu vert des services de renseignements. Et c’était un discours qui détaillait pour le peuple américain les dangers du régime de Saddam Hussein. Et mon gouvernement a adopté la réponse appropriée pour faire face à ces dangers. Le résultat c’est que le monde va ętre plus sűr et plus en paix».

LE PRÉSIDENT BUSH EN GORÉE, PORT D'EMBARQUEMENTS DES ESCLAVES.

Les supputations allaient bon train depuis quelques jours: qu'allait dire le président américain à l'Afrique oů il entamait par Dakar, ce mardi, son périple sur le continent ? On le sait maintenant: George Bush a consacré ses quinze minutes de discours au thème de l'esclavage, la traite négrière, «ce mal de dimension colossale», citant un de ses compatriotes abolitionniste. Dès lors, la transition était toute trouvée pour surfer sur les problèmes actuels de l'Afrique: les conflits, les maladies, la pauvreté, la démocratie.

Ce fut très subtil, mais personne ne s'y est trompé: il y avait une forte dose de pré-campagne électorale en direction de ses compatriotes africains-américains dans le discours du président américain. On le sait, le thème de l'esclavage et de la traite négrière est très sensible aux États-Unis, notamment au sein de l'électorat noir qui a toujours penché davantage vers les démocrates que vers les républicains. Et ce n'est pas non plus un hasard si Bush a exhibé ses deux ministres de couleur les plus en vue de son gouvernement: Colin Powell et Condoleeza Rice. Son discours aux forts accents «humanistes et moralistes» sur «des êtres humains vendus comme des marchandises embarqués dans des bateaux pour un voyage sans retour»; le calvaire dans les cales des négriers «oů les malades étaient jetés à la mer», sur «l’hypocrisie des esclavagistes qui ont abdiqué une partie de leur foi chrétienne pour se livrer à ce commerce», tous ces thèmes déclinés d'une voix pleine de colère et d'indignation, ne manqueront pas de faire couler quelques larmes à Harlem, Bronx et autres bidonvilles à forte population noire et faire espérer ainsi quelques voix supplémentaires aux prochaines élections, qui s'annoncent de plus en plus difficiles à remporter notamment en raison de l’évolution de la guerre en Irak.

Le président Bush, en déclarant que «le combat pour la justice et la liberté» dans son pays «n'a pas été facile» et qu'ils n'en sont pas encore venus à bout, enfonce des portes ouvertes. Pour lui, la ségrégation raciale persiste aux États-Unis et le combat que son gouvernement continuera de poursuivre pour la liberté et la justice dans son pays est aussi celui qu’il a décidé d'engager dans le reste du monde, notamment en Afrique. «Contre les guerres civiles, nous nous tiendrons côte à côte; contre les maladies, nous mènerons le combat avec vous en faveur de la vie; contre la pauvreté, nous nous joindrons à vous pour l'éradiquer; là oů il y a la tyrannie, nous mènerons le combat pour la liberté». On pense alors à l'Irak ou au Libéria tout proche. Mais ce qui se passe dans ce pays n'a pas fait l'objet d'une ligne dans le discours d'un quart d'heure du président américain. Il semble, selon certaines sources, que la question a été abordée dans la réunion qu'il a tenue à huis clos avec le président Wade et les six chefs d'État présents à Dakar. Une réunion dont rien n'a filtré, le service de presse de la présidence se contentant d'annoncer que certains de ces chefs d'État devaient tenir des conférences de presse dans leur hôtel ou donner des interviews, s'ils le souhaitaient. Sauf que tous devaient quitter Dakar dans la journée, y compris le président Wade qui se rend à Maputo pour le sommet de l'Union africaine.

Enfin impossible de ne pas évoquer la situation sécuritaire qui prévalait à Dakar, décrite par la presse comme «un état de siège». A l'aéroport, outre le président Wade et son épouse, il n'y avait que le Premier ministre Idrissa Seck, et le président de l'Assemblée nationale, Pape Diop. À part les journalistes américains venus avec le président Bush, la presse a été interdite de salon d'honneur. Il y a eu trois cortèges séparés pour joindre le palais de la république: celui du président Wade, celui de Colin Powell et des officiels américains et celui de Bush, son épouse et leur fille. A Gorée même, oů les populations étaient parquées depuis 4 heures du matin sur une place au centre de l'île sous un chaud soleil, on a frisé la crise diplomatique quand les services de sécurité américains ont voulu fouiller les officiels sénégalais, ministres et députés, comme n'importe qui. Il a fallu que le ministre de l'Intérieur, le général Mamadou Niang, rue dans les brancards pendant cinq bonnes minutes, pour que les Américains renoncent à la fouille au corps. Ajoutons que l'aéroport de Dakar est fermé depuis lundi minuit, jusqu'à mercredi 15 heures. Les examens universitaires et le bac ont été reportés jusqu'à mercredi. Une bonne partie des rues et quartiers de Dakar était inaccessible jusqu'au début de l'après-midi. Très peu de Dakarois se sont rendus à leur travail ce mardi. Tout le monde va pousser un «ouf» de soulagement quand Dakar sera «libérée» cet après-midi. En attendant les retombées financières, au lieu d'une éventuelle base miliaire annoncée lundi par la presse.

WASHINGTON. LE PRÉSIDENT BUSH EN TOURNÉE AFRICAINE.

Le président George W. Bush effectue une tournée africaine qui le mènera dans cinq pays, du 7 au 12 juillet. Le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria ont été choisis pour l’exemple qu’ils offrent dans la lutte contre les maladies, pour les uns, et la stabilité politique pour les autres.

La visite du président des Etats-Unis en Afrique s’inscrit dans «le cadre de l’engagement de l’Administration Bush d’śuvrer pour une Afrique libre, prospère et paisible», communique la Maison Blanche à quelques jours du début de la visite africaine de George Bush. Sa première étape sera le Sénégal, et plus précisément la visite de l’Île de Gorée. L’entretien avec le président Abdoulaye Wade sera bref, ce que déplore déjà les milieux politiques sénégalais. George Bush s’envolera pour l’Afrique du Sud oů il passera plusieurs jours. Le Botswana, l’Ouganda et le Nigeria sont aussi des destinations que l’administration Bush a choisies en fonction de ses priorités politiques.

George Bush a profité de sa rencontre avec le Conseil des entreprises sur l’Afrique (Corporate Council on Africa), pour tracer les grandes lignes de sa visite et exposer les raisons profondes qui motivent cette tournée africaine. Le Sénégal a été choisi parce qu’il «représente la plus ancienne démocratie de l’Afrique de l’ouest, le Botswana parce qu’il est une démocratie stable et l’une des économies les plus puissantes de l’Afrique, l’Afrique du Sud est un pilier de la paix régionale et de la stabilité, l’Ouganda oů la politique éclairée du gouvernement a débouché sur la chute la plus remarquable au monde du taux d’infection au VIH, et le Nigeria qui est en train de consolider son gouvernement civil et de développer ses vastes ressources», souligne le George Bush. Il a profité de cette rencontre avec les hommes d’affaires pour faire l’éloge du libéralisme économique auquel il invite avec insistance les pays africains.

La visite de George W. Bush se veut être une amorce de consolidation des relations avec l’Afrique mais qui devrait se faire dans une logique d’échanges de bons procédés. Au premier titre des préoccupations américaines on note par exemple la lutte contre le terrorisme, pour laquelle les Etats-Unis sont prêts à consacrer 100 millions de dollars au cours des quinze prochains mois en faveur des pays comme le Kenya, l’Ethiopie ou la Tanzanie. Par ailleurs, l’accroissement des échanges et des investissements avec l’Afrique a connu ces dernières années une nette progression. Les Etats-Unis ont investi en Afrique en 2002 plus de 5,8 milliards de dollars alors que les exportations globales du continent vers les Etats-Unis s’élève pour la même période ŕ plus de 18 milliards de dollars. Dans l’entourage du président Bush, on parle d’inverser la tendance qui fait que l’intéręt des Etats-Unis pour l’Afrique concerne essentiellement des aides directes en matières sanitaires et humanitaires ; 2 milliards de dollars l’année dernière.

Des manifestations à chaque escale

«L’Afrique sub-saharienne, qui héberge 11% de la population mondiale, est responsable de moins de 2% du commerce mondial. Les Etats-Unis sont résolus à mettre le pouvoir transformateur du commerce ŕ la portée de tous les Africains», a déclaré le président George Bush pour situer le sens de son voyage. Le renforcement de l’AGOA (African growth and opportunity act, Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), même s’il est encouragé ne peut bénéficier qu’aux Etats qui répondront à certains critères nouveaux qui s’ajoutent aux conditions d’éligibilité déjŕ longues. «Trop souvent, par le passé, l’aide au développement s’est fourvoyée à soutenir des régimes corrompus», a précisé George Bush. Pour remédier à ces erreurs d’approche et d’analyse, le président américain propose la création d’un Compte du millénaire. Il participera à la moralisation de la vie politique africaine pour favoriser un décollage économique. Trois grands principes à respecter permettront aux Etats africains d’en bénéficier, selon l’administration Bush : «gouverner avec justice, investir dans la santé et dans l’éducation des sociétés et appliquer une politique qui encourage la liberté économique».

Ces préoccupations rejoignent celles du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique) âprement défendu par les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo Mbeki d’Afrique du Sud et Olushegun Obasanjo du Nigeria, qui reçoivent prochainement George W. Bush. Coincidences. Le NEPAD soumet l’aide au développement à l’engagement en faveur de la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la démocratie, la bonne gestion de l’économie et la prévention des conflits. Mais les nouvelles relations Etats-Unis –Afrique ne se construisent pas uniquement sur les bases d’une entente cordiale. De nombreux dossiers qui fâchent sont soigneusement évités dans les discours de bonnes intentions de l’administration Bush, telles que les subventions à l’agriculture américaine qui pénalisent certains produits africains sur le marché international ou encore les divergences sur l’opportunité de la création et des compétences de la Cour pénale internationale (CPI). Non seulement les Etats-Unis ne reconnaissent pas la CPI mais engagent des sanctions contre tous les pays qui ne signeraient avec eux des accords d’immunité et de non extradition des Américains qui seraient inculpés par la CPI, chargée de juger les crimes de guerre ou contre l’humanité.

Le Congrès américain avait fixé au 1er juillet 2003 la date limite de la signature de ces accords avec les pays tiers. Les premières mesures de représailles ont été annoncé par l’administration Bush qui a publié une liste de 35 pays qui ne recevront plus son aide militaire dont le solde s’élève à 47,6 millions de dollars. Dix pays africains sont frappés par cette mesures : le Bénin, la Centrafrique, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la Namibie, le Niger, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie. Dès le jeudi 26 juin, Amnesty international et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) ont signalé que le Sénégal venait de signer l’accord de non-extradition des ressortissants américains. Ces organisations mobilisent aujourd’hui partis politiques, syndicats et intellectuels pour faire pression sur l’Assemblée nationale sénégalaise qui n’a pas encore ratifié cet accord. Par ailleurs, dans toutes les destinations du président Bush, des organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme ont promis de manifester leur opposition ŕ une certaine politique des Etats-Unis.

LE PRÉSIDENT BUSH PROPOSE DES TRIBUNAUX MILITAIRES.

 Le président américain s’est clairement prononcé pour la mise en place de tribunaux militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo accusés d’appartenir au réseau Al Qaïda et de complicité avec le terrorisme international.

Le président américain a personnellement désigné six prisonniers étrangers susceptibles d’être jugés. Le département ŕ la Défense, qui publie l’information, précise que les six hommes sont aptes à être jugés par des commissions militaires. «Le président a déterminé qu’il y avait des raisons de penser que chacun de ces ennemis combattants était un membre d’Al Qaïda ou était de quelque autre façon impliqué dans des activités terroristes dirigées contre les États-Unis», a annoncé jeudi un communiqué du Pentagone. Les six hommes comptent actuellement parmi les quelque 600 prisonniers étrangers captifs des Américains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme sur la base cubaine de Guantanamo et qui ont été, pour l’essentiel, capturés lors d’opérations des forces de la coalition, en Afghanistan. Ils appartiennent à une quarantaine de nationalités différentes.

Selon le Pentagone, la preuve est faite que les six hommes ont suivi des entraînements dans des camps terroristes et ont pu être impliqués dans le financement du réseau d’Oussama Ben Laden, ou l’avoir protégé, et recruté des membres de son organisation. Les responsables du ministère américain la Défense ont refusé de divulguer leur identité et leur nationalité et ils indiquent qu’aucune inculpation n’a, pour l’instant, été prononcée contre eux. «Aucun chef d’accusation n’a été lancé contre l’un ou l’autre de ces détenus, (…) ils sont retenus prisonniers parce que ce sont des ennemis combattants dans un conflit armé qui se poursuit», a précisé un responsable du Pentagone.

L’Australie, dont deux ressortissants sont emprisonnés sur la base de Guantanamo, a cependant indiqué que l’une des six personnes concernées, David Hicks, était de nationalité australienne. Canberra confirme qu’aucun chef d’accusation n’a «pour le moment» été formulé contre le taliban australien. Le ministre de la Justice affirme que sont gouvernement a mené des discussions approfondies avec les autorités américaines dans le but de «s’assurer que si un Australien était susceptible de comparaître devant un tribunal militaire, le processus soit juste et transparent». Qu’il ait, en d’autres termes, accès à une défense digne de ce nom.

«Pas d’avocat, aucune visite, aucun exercice physique»

Le président des États-Unis a déclaré sa préférence pour un tribunal militaire. Mais c’est au ministère américain de la Défense, et notamment au numéro 2 du Pentagone Paul Wolfowitz, désigné comme «l’autorité responsable» par le secrétaire à la Défense Ronald Rumsfeld, qu’il revient ŕ présent de prendre la décision finale concernant la juridiction et les chefs d’inculpation. Ce sont ces derniers qui détermineront si les accusés sont passibles de la peine de mort, toujours en vigueur aux États-Unis.

Vendredi, la Commission européenne a exhorté Washington à ne pas appliquer la peine capitale aux six étrangers. L’Union européenne fait notamment valoir que le recours aux exécutions capitales risquerait de saper le soutien apporté par la communauté internationale à la lutte contre le terrorisme. Le porte-parole de la Commission déclare notamment que «le terrorisme ne doit pas donner lieu à une violation des droits de l’homme».

La «vieille Europe», dans son acception la plus large, manifestait déjà sa préoccupation la semaine dernière. Le 26 juin, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) qualifiait d’«inacceptables» les conditions de détention tant dans les centres d’Afghanistan que dans celui de Guantanamo oů «les détenus ne voient pas d’avocat, ne reçoivent aucune visite, ne font aucun exercice physique», affirme le député britannique Kevin Mac Namara. Dix-huit mois après la fin du conflit en Afghanistan et le début du transfèrement des prisonniers vers la base américaine installée à Cuba, l’APCE a adopté une résolution qualifiant les condition de détention à Guantanamo de «scandale auquel il faut mettre un terme» et dénonçant des «traitements inhumains et dégradants». Les parlementaires déplorent que «les États-Unis refusent de qualifier ces personnes de ‘prisonniers de guerre’, les considérant comme des ‘combattants illégaux’, une définition qui n’existe pas en droit international». Ils demandent à Washington de mettre «les conditions de détention en conformité avec les normes juridiques internationalement reconnues, par exemple en donnant accès au CICR (Comité internationale de la Croix Rouge) et en suivant ses recommandations».

Les informations publiées jeudi par le Pentagone semblent confirmer que l’administration américaine s’achemine vers l’organisation de procès. Au mois de mai, un procureur général et des avocats (militaires) de la défense avaient été nommés. Un responsable du Pentagone a par ailleurs indiqué qu’un immeuble du centre de détention avait été transformé en tribunal en vue d’éventuels procès. Il avait ajouté qu’ŕ toutes fins utiles un «couloir de la mort» et une chambre d’exécution étaient en cours de construction, même si le mode de mise à mort n’avait pas encore été choisi.

HAUTE SURVEILLANCE À L'ILE DE GORÉE.

Avant l'arrivée de George Bush à Dakar, l'Ile de Gorée oů il doit s'adresser à l'Afrique est en état de siège. Contre toute attente, la manifestation appelée par le Collectif des intellectuels du Sénégal, a été autorisée.

Ici, tout le monde se pose la question: «combien de millions de dollars amène George Bush pour qu'on nous humilie ainsi». Gorée d'abord, la petite île d'environ 1 500 habitants, avec sa Maison des esclaves, là oů des millions de noirs sont partis vers l'Europe et les États-Unis il y a deux cents ans, la destination de tout visiteur. Et puis, l'ancienne prison oů le président Senghor enfermait ses étudiants soixante-huitards, prison aujourd'hui transformée en musée. C'est là oů les Américains ont construit en moins d'une semaine, une tribune oů Bush prononcera son discours. Mais les Goréens vont payer le prix fort cette visite du «président du monde» comme on l'appelle ici. Ce lundi, on a annoncé aux restaurateurs et autres commerçants qu'en direction de l'Afrique. Ils devraient (les Goréens) ranger leurs échoppes donnant sur la plage, laisser fouiller leurs restaurants et autres commerces. Mardi, le jour prévu pour l'arrivée du «président du monde», on a prévenu tous les Goréens habitants les environs oů Bush passera: «On passera à 5 heures du matin; les portes doivent être ouvertes sinon on les enfonce. Tout le monde (femmes, enfants, hommes) doivent quitter les maisons pour aller au lieu du rassemblement, la Place du gouvernement, oů vous serez rassemblés jusqu'à son départ».

La place en question a été entourée de chevaux de frise. Comme un enclos de bétail. Au centre, une bâche pour une cinquantaine de personnes contre le soleil et la pluie (c'est la saison). «On nous a demandé si on avait des chats et des moutons. Ils vont les déménager, on ne sait oů. Samedi, on nous a dit qu'ont viderait toutes les maisons, en laissant une personne qui sera surveillée par deux policiers et un chien; aujourd'hui, on nous a dit qu'on ne laisserait personne dans les maisons, tout le monde devra quitter». Le maire et le conseil municipal ont disparu. Introuvables sur l'Ile. «On ne les a pas vus. Ils ne nous ont rien dit. Ce sont les services de sécurité qui nous informent». A Gorée -la rebelle, qui en a vu d'autres, on râle bas et on résiste comme on peut: «ils ont dit qu'ils allaient nous donner le petit déjeuner sur la grand-place, on a dit qu'on n'en voulait pas. Beaucoup ici ont décidé de quitter l'Ile pour aller à Dakar avec leurs familles». Ce lundi, on va contrôler ceux qui se rendent à Gorée: «On nous a dit qu'on ne laissera passer que les résidents avec leurs cartes. Mardi, il n'y aura qu'une navette de la chaloupe, celle de 7h du matin pour ceux qui vont travailler ŕ Dakar».

Paranoïa

A Gorée, si tout le monde râle, personne ne veut être cité: «On ne sait jamais, ils sont capables de venir te chercher. Nous, on n'a pas élu Bush, on ne l'a pas invité à Gorée. Pourquoi Wade accepte qu'il vienne nous emmerder ? Combien de millions de dollars il amène ? Combien pour Gorée ? Ils croient qu'ils peuvent nous ramener à l'esclavage en réparant seulement les rues et l'embarcadère ?». En attendant, l'Ile de Gorée est plus surveillée que Bagdad. Des navettes sillonnent les eaux bleues entre Dakar et l'île. Tout le réseau téléphonique est perturbé. Et tout le monde est convaincu d'une chose: «nous sommes tous sous écoute». Si personne n'en a la preuve, on note cependant que depuis la semaine dernière tout le réseau téléphonique est bouleversé: «interférences sur le réseau; conversations en anglais quand vous appelez etc. La presse a annoncé que les Américains se sont fait installer 400 lignes téléphoniques» .

Elle avait été annoncée. On avait dit aussi qu'elle serait interdite. Elle aura finalement lieu. Il s'agit de la manifestation appelée par le Collectif des intellectuels du Sénégal. Son coordonnateur, le professeur (de sociologie) Malick Ndiaye, est un homme heureux: «d'abord certains secteurs de l'État avaient distillé des informations comme quoi on n'aurait pas l'autorisation. Mais le préfet de Dakar me l'a accordée. Outre le collectif des intellectuels, le puissant syndicat de l'enseignement supérieur (Saes), deux associations des droits de l’Homme se joignent à cette manifestation prévue pour ce lundi. Par contre, les partis membres de la coalition gouvernementale et l'opposition, gardent le silence. Pourtant, l'opposition avait pris part aux manifestations au moment de l'intervention américaine en Irak».

Comme la veille de l'intervention américano-anglaise en Irak, les slogans restent sensiblement les mêmes: «troupes US et anglaises hors de l'Irak; contre l'accord d'impunité que le Sénégal aurait signé avec les États-Unis, mesures de réparation contre l'esclavage; Bush et Blair devant le TPI pour avoir menti sur les raisons de leur intervention en Irak». Le Libéria sera également évoqué durant cette manifestation: «nous estimons que les États-Unis sont trop concernés pour intervenir seuls au Libéria».

 

QUI VA DIRIGER L'IRAK?

Officiellement, selon le président américain, les Nations unies auront «un rôle vital à jouer» dans la reconstruction de l’Irak et le pays sera dirigé «aussi vite que possible» par une autorité intérimaire et ensuite par des Irakiens. Mais, pressé par les journalistes à préciser le rôle de l’ONU George W. Bush a parlé une nouvelle fois des différents aspects humanitaires de l’après-guerre, mais jamais d’un quelconque rôle politique dans l’administration du pays après la chute de Saddam Hussein.

Plus inquiétant, le président américain n’a jamais fait allusion aux maigres acquis du récent mini-sommet des Açores, qui avait notamment préconisé une résolution de l’ONU censée reconnaître et légitimer l’autorité intérimaire destinée à diriger le pays. Autant dire que, aux yeux de Washington, les Nations unies sont désormais appelées plus à soigner les blessés et enterrer les morts qu’à assurer à l’Irak une autorité intérimaire représentative et reconnue par l’ensemble de la communauté internationale. Ce qui signifie que le Premier britannique, Tony Blair, n’est pas parvenu à «vendre» à Bush une administration du «nouvel Irak» par l’ONU, en dépit des déclarations enregistrées à l’issue de la rencontre de Belfast, entre le président américain et le premier ministre britannique. Les «faucons» du Pentagone (de Rumsfeld à Rice) l’ayant finalement emporté sur la «colombe» du Département d’Etat (Powell).

Dès la veille du sommet de Belfast, Washington et Londres semblaient décidés à adopter un plan de l’après-guerre en trois étapes: dans un premier temps, une administration américano-britannique responsable surtout de la sécurité, assurée par Jay Garner et son équipe de l’Office de reconstruction et d’aide humanitaire (ORHA); ensuite une deuxième phase, dite intérimaire, avec la mise en place d’une administration avec des compétences officiellement plus étendues et comprenant des Irakiens, mais dépourvue de tout pouvoir exécutif; et enfin une troisième étape consistant en la mise en place d’un gouvernement représentatif, après des élections.

CONDOLEZA RICE FACE À COLIN POWELL.

Désormais, il apparaît clairement que le pouvoir réel restera entre les mains des alliés américano-britanniques non seulement dans la première phase, mais aussi durant la deuxième, comme le souhaitait ouvertement Condoleeza Rice, en opposition ouverte avec Colin Powell. La conseillère de Bush pour la sécurité, en effet, n’a cessé de marteler ces derniers jours que «l’Irak est unique» et «ne ressemble ni au Kosovo ni à l’Afghanistan». Tandis que le secrétaire d’Etat proposait à plusieurs reprises une réédition de la conférence de Bonn sur l‘Afghanistan et prêchait en faveur d’un rôle réel de l’ONU dans l’administration de l’Irak, avec l’appui d’une nouvelle résolution explicite sur le rôle de la communauté internationale. Ce ne sera visiblement pas le cas, Bush ne s’étant engagé qu’à «travailler avec les institutions internationales, dont les Nations unies», désormais rangées dans la catégorie des «super ONG». Sans céder ne serait-ce qu’un pouce de pouvoir réel à l’ONU.

Pour Tony Blair, très soucieux de se replacer sur le terrain de la légalité, le sommet de Belfast risque de rendre encore plus insignifiante sa tentative de jouer le rôle d’intermédiaire entre Washington et le duo franco-allemand. Car, non seulement les positions des uns et des autres semblent s’éloigner, mais le rôle de l’ONU semble diminué même par rapport au sommet des Açores. Alors même que Kofi Annan ne cesse de rappeler que les Nations unies ont une réelle expérience de ce type d’administration et de la région, et, surtout, «peuvent assurer la légitimité nécessaire pour le pays, pour la région et pour les peuples du monde entier».

Mais c’est sans doute à l’intérieur même de l’Union européenne que les conséquences seront les plus visibles, si l’ONU est définitivement cantonnée à l’humanitaire. L’Allemagne a d’ores et déjà fait savoir qu’elle pourrait renoncer à toute participation à l’après-guerre en Irak, sans le parapluie onusien. «Si l’Irak n’est pas reconstruit par les Nations unies, a dit son ministre de la Défense, je ne vois aucun rôle significatif pour l’Allemagne». Et Peter Struck d’ajouter: «Si l’Allemagne ou d’autres pays européens participent à la reconstruction de l’Irak dans le cadre de l’ONU, alors il faudra aussi garantir que les Nations unies gèrent directement l’attribution des contrats». Ce qui semble d’ores et déjà exclu.

Quant à la France, les récentes déclarations de Dominique de Villepin en faveur de l’ONU ne laissent aucun doute sur la position française. De plus, Paris, Berlin et Bruxelles, plus que jamais conscients du rôle que pourrait jouer l’Europe sur le plan militaire, sont décidés à relancer au plus vite la politique commune de défense européenne, à l’occasion d’un sommet extraordinaire prévu à Bruxelles pour le 29 avril prochain. Une idée qui a aussitôt provoqué un certain embarras chez les «amis» des alliés americano-britanniques, à commencer par les Italiens et les Espagnols. «L’idée de ce sommet est une bonne initiative, a dit le ministre italien des Affaires étrangères. Parmi les Quinze beaucoup sont du même avis sur ces thèmes. Aujourd’hui cette initiative doit vraiment être faite à quinze». Tout en ne remettant nullement en cause le rôle ambigu de l’Otan, notamment en ce qui concerne la Turquie.

En réalité, la crise qui secoue aujourd’hui l’UE reflète assez précisément celle que traverse l’Otan et s’est manifestée en premier, en janvier, lorsque Paris et Berlin ont «osé» mettre leur veto sur une résolution préconisant une intervention automatique du côté de la Turquie, en cas d’agression par le voisin irakien. Et, désormais, qui dit Otan dit relations conflictuelles entre les deux rives de l’Atlantique, notamment sur le futur de l'ONU.

La date et le lieu de la prochaine confrontation sont déjà connus: le week-end prochain, à Saint-Petersbourg, lorsqu'un sommet très inattendu doit se tenir, entre le Russe Poutine, le Français Chirac et l'Allemand Schroeder, mais aussi Kofi Annan, un secrétaire général de l'ONU de plus en plus amère.

NEW YORK. LES USA VERS UN COMPROMIS À L'ONU

Alors que Georges Bush doit prononcer un discours très attendu sur la marche vers la guerre contre l'Irak, ce jeudi en Les Etats-Unis ont déposé hier un projet de résolution révisé sur l'Irak. Le texte, extrêmement ambigu, endosse en apparence la démarche en deux temps demandée par la France, sans pour autant forcer les Etats-Unis à obtenir une autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU avant de partir en guerre contre l'Irak.

Le projet de résolution déposé hier par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne est un chef d’œuvre d'ambiguïté. Au terme de sept semaines de négociations éreintantes, chaque pays pourra y lire ce qu'il souhaite y voir. Il endosse en partie la démarche en deux temps exigée par la France, tout en offrant aux Etats-Unis une marge suffisante pour contourner l'ONU et partir en guerre contre Bagdad si le besoin se présente. Le représentant américain à l'ONU a demandé un vote sur le texte pour vendredi. En attendant, le Conseil de sécurité devait se réunir à huis clos pour régler les derniers détails. La France et la Russie, qui ont jusqu'à maintenant mené l'opposition au texte américain, semblent vouloir obtenir certaines modifications. «Il reste nécessaire de lever certaines ambiguïtés», a affirmé Catherine Colonna, la porte-parole de l'Elysée, au terme au terme d'un entretien téléphonique entre les présidents français Jacques Chirac et le Russe Vladimir Poutine. Selon elle, Jacques Chirac estime «qu'il y aurait des avantages à ce que la résolution soit adoptée de façon unanime. Cela suppose que tout risque d'automaticité soit exclu».

La question centrale, celle pour laquelle les Etats-Unis sont venus à l'ONU, demeure l'autorisation automatique du recours à la force. Depuis le discours de George Bush devant l'assemblée générale de l'ONU, le 12 septembre dernier, Washington tente d'obtenir du Conseil de sécurité une carte blanche pour attaquer l'Irak, en cas de non coopération avec les inspecteurs de l'ONU. Or, le projet de résolution américain, dans son paragraphe 4, prévoit que tout refus de coopérer avec les inspecteurs en désarmement de l'ONU placera l'Irak en «nouvelle violation patente» des résolutions de l'ONU. Les spécialistes du dossier estiment que cette formule peut suffire pour légalement justifier l'usage de la force contre l'Irak.

Mais, politiquement, les Etats-Unis semblent endosser la démarche française en deux temps. Leur projet prévoit qu'en cas de non coopération de l'Irak, le Conseil de sécurité se réunira immédiatement pour «appréciation» de la situation.. Mais les Etats-Unis ne se lient pas les mains en précisant qui devra constater cette non coopération (Washington ? Les inspecteurs ?), pas plus qu'ils ne s'engagent à demander une deuxième résolution au Conseil de sécurité avant de recourir à la force, si le rapport de force n'est pas en leur faveur. La concession est donc sans grand danger pour Washington. En même temps, les Etats-Unis accordent «une dernière chance à l'Irak de se mettre en conformité avec ses obligations en matière de désarmement dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité». Cette dernière chance, par le biais des inspections, n'était pas acquise il y a encore quelques semaines.

Rien ne semble plus devoir faire rempart à cette résolution

Le nouveau régime d'inspection édicté dans la nouvelle résolution est beaucoup plus sévère que ceux pratiqués dans le passé. A tel point que la France, la Russie, et le chef des inspecteurs Hans Blix lui-même voudraient voir certaines des conditions américaines retirées du texte final. C'est le cas notamment d'une provision qui donne trente jours à l'Irak pour faire un rapport sur toutes ses activités biologiques et chimiques, y compris celles qui ne sont pas en lien avec des programmes d'armement. Dans un pays où l'industrie pétrochimique est colossale, une telle exigence parait irréalisable en un mois et ouvre la porte à la constatation d'une multitude d'oublis de la part de l'Irak. Certains diplomates craignent que n'importe lequel des ces oublis puisse être saisi par les Etats-Unis pour déclencher l'offensive militaire. D'autres provisions, comme celle qui donne 7 jours à l'Irak pour confirmer sa soumission à la nouvelle résolution, sont jugées inutiles et dangereuses dans la mesure où, par le passé, l'Irak n'a jamais clairement accepté les résolutions de l'ONU.

En revanche, l'accès immédiat à tous les sites, y compris les fameux palais présidentiels est acquis, de même que le droit pour les inspecteurs d'exfiltrer les familles des scientifiques irakiens qui seraient prêts à coopérer pleinement, si ils ont l'assurance que leurs proches ne feront pas l'objet de représailles. Les secteurs qui feront l'objet de contrôle pourront également être «gelés», interdits à toute circulation aérienne ou terrestre, pour empêcher les Irakiens d'évacuer des documents compromettants par la porte de derrière quand les inspecteurs sonnent à l'entrée. Les Etats-Unis ont renoncé à faire accompagner les inspecteurs par des escortes armées ou des diplomates du Conseil de sécurité, qui leur auraient indiqué les endroits à contrôler.

Malgré les divergences qui subsistent, rien ne semble plus devoir faire rempart à cette résolution. Même si la France et la Russie ne sont pas satisfaites par les dernières retouches sur la résolution américaine, aucun de ces deux pays ne semble prêt à utiliser son droit de veto. Au terme d'une campagne diplomatique agressive (Washington a obtenu le renvoi de l'ambassadeur mauricien Jagdish Koonjul, jugé trop retors), les Etats-Unis ont obtenu les neufs voix dont ils avaient besoin au Conseil de sécurité. Ils travaillent maintenant à obtenir l'unanimité du Conseil, ou, à défaut, 14 voix, si la Syrie persiste dans son refus d'une nouvelle résolution.

Les Russes et les Français, après avoir demandé l'avis de leur capitale, devraient aujourd'hui faire part de leur remarques au Conseil de sécurité. «Depuis le début de ces longues négociations, pour la France, le point essentiel demeure la préservation du rôle du Conseil de sécurité. C’est ce que nous appelons l’approche en deux temps. Sur ce point précis, je peux dire que des progrès substantiels ont été accomplis», affirmait toutefois hier l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-David Levitte. Selon lui, depuis le début, le but de la France est de maintenir l'unanimité du Conseil de sécurité de l'ONU. «Nous devons être unis sur un sujet aussi important si nous voulons aboutir a nos fins», a-t-il affirmé, en ajoutant qu'il s'en remettait à Hans Blix pour déterminer jusqu'où le régime d'inspection devait être renforcé.

Si le texte américain était adopté dès demain, l'Irak aurait une semaine pour en accepter les termes. Les premiers inspecteurs pourraient se rendre sur place en moins de dix jours, et commencer leur travail moins d'un mois après. Une fois les inspections commencées, la mission d'inspection de l'ONU aura 60 jours avant de retourner devant le Conseil de sécurité pour un premier point d'étape.

 

 NEW YORK. FLUSHING MEADOWS.Finale de légende à l'US Open: Agassi-  Sampras

L'Amérique en rêvait, Andre Agassi et Pete Sampras l'ont fait: les deux vedettes trentenaires ont offert à leur pays une finale de l'US Open de tennis 100 % américaine, en battant respectivement l'Australien Lleyton Hewitt, tenant du titre, et le Néerlandais Sjeng Schalken, samedi en demi-finales à Flushing Meadows.

Sampras, 31 ans, et Agassi, 32 ans, vont ainsi écrire une 34e page du grand livre de leur rivalité et de l'histoire de ce sport en général. Un épisode attendu par tous les fans et particulièrement les New-Yorkais, qui auront bien du mal à choisir entre leurs deux héros.

"Si c'est Andre en finale, ce sera un moment incroyable pour nous deux et notre sport, déclarait Sampras, premier qualifié dans la chaleur du Central sans concéder une seule fois son service à l'invité surprise, le Néerlandais Sjeng Schalken (7-6 (8/6), 7-6 (7/4), 6-2).

"Il (Agassi) fait ressortir le meilleur de moi-même, poursuivait le quadruple lauréat de l'épreuve, finaliste pour la huitième fois. Entrer sur le Central en sa compagnie serait un moment spécial. Et si c'est lui, j'ai l'impression d'être prêt."

Agassi a fait ce plaisir à son vieux rival, en dominant le N.1 mondial en personne (6-4, 7-6 (7/5), 6-7 (1/7), 6-2), ce jeunot d'Adélaïde qui avait battu Sampras en finale, douze mois plus tôt, pour devenir le nouveau patron du tennis.

Le "kid de Las Vegas" a remporté le choc des meilleurs retourneurs du circuit. Il a réalisé des passings à montrer dans les écoles, des volées incroyables pour un spécialiste du fond de court et même des "aces" comme les deux qu'il a claqués dans le dernier jeu du match.

Le tout en 2 heures et 59 minutes. Preuve d'une condition physique exemplaire pour le papy-papa du circuit, doublée d'une détermination fabuleuse, qui a eu raison d'un adversaire pourtant réputé dans les deux domaines.

"C'est New York, baby !", lançait Agassi au public du Central encore sous le charme d'un "chouchou" qu'il a soutenu aux chants de "USA, USA !", tandis que Hewitt rejoignait les vestiaires la tête basse, la gorge nouée, en rêvant déjà de revanche.

"J'ai travaillé dur toute l'année pour être ici demain (dimanche) et je suppose que c'est la même chose pour Pete", disait Agassi, en quête d'un troisième sacre à Flushing Meadows, un huitième en Grand Chelem pour ce joueur capable de s'imposer sur toutes les surfaces.

"J'ai toujours cru en mes capacités et je pense être encore capable de gagner un tournoi du Grand Chelem", assurait Sampras qui a une occasion de mettre fin à plus de deux années d'insuccès (Wimbledon 2000) et porter le record de victoires en Grand Chelem à 14 unités.

La "vista" d'Agassi et ses retours meurtriers auront-ils raison de la puissance de frappe de Sampras au service et de ses volées légendaires ? "L'un de nous repartira plus déçu que l'autre mais je pense que le tennis en sortira gagnant", concluait Agassi.

Quelque soit le vainqueur, les Etats-Unis sortiront renforcés de cette quinzaine car déjà assurés des deux plus beaux trophées, la finale dames ayant opposé samedi en soirée les soeurs Serena et Venus Williams.

L'US Open n'avait pas réuni quatre représentants de la bannière étoilée dans les deux finales depuis 1979, avec la victoire de John McEnroe sur Vitas Gerulaitis et celle de Tracy Austin sur Chris Evert. De quoi attiser un sentiment patriotique déjà à son comble à l'approche du premier anniversaire des tragiques attentats terroristes du 11 septembre.

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